Blackstone envisage de mettre la main sur Kinetic pour quelque cinq milliards de dollars
Les rumeurs ayant circulé hier à Wall Street ont eu un effet indéniable sur le cours de l’action de Kinetic Concept sur le Nyse, qui a clôturé en hausse de 12,62% à 66,20 dollars. Selon le Wall Street Journal et Bloomberg, la société texane d’équipements médicaux serait en effet sur le point d’être rachetée par un fonds de private equity.
Selon plusieurs sources, Blackstone serait le favori dans cette opération à effet de levier dont le montant pourrait dépasser les cinq milliards de dollars. Un chiffre qui ferait de ce LBO l’un des plus conséquents depuis la chute de Lehman Brothers. Depuis septembre 2008, les deux plus grosses opérations de LBO ont été réalisées par un groupe d’investisseurs menés par KKR avec le rachat en novembre 2010 de Del Monte Foods pour 5,3 milliards de dollars, et par Bain Capital et Hellman & Friedman avec l’acquisition de Securitas pour 3,39 milliards en juin de cette année.
Même si les méga-LBO semblent être de retour, leurs niveaux restent toutefois inférieurs à ceux antérieurs à la crise. Le record en la matière est détenu par KKR, TGP et Goldman Sachs qui avaient mis en 2007 près de 44 milliards sur la table pour le rachat de Texas Energy Futures Holdings.
Pour l’instant, les porte-paroles de Kinetic Concept et de Blackstone ont refusé de commenter les rumeurs. Mais les analystes n’ont apparemment pas été surpris de l’opération. Blackstone a en effet récemment constitué un nouveau fond LBO qui pourrait s’élever à plus de 16,5 milliards de dollars.
En ce qui concerne Kinetic, les spécialistes des technologies médicales s’attendaient depuis plusieurs mois à une opération LBO. Spécialisé depuis 1997 sur les créneaux des lits d’hôpitaux et du traitement automatisé des plaies grâce à des appareillages dédiés, ce fabricant a affiché l’an dernier un chiffre d’affaires de deux milliards de dollars pour un bénéfice net de 256 millions de dollars. Des résultats à mettre en perspective avec un endettement global de 1,1 milliard de dollars et des parts de marchés menacés par des concurrents à plus faibles coûts. Selon l’analyste Spencer Nam du cabinet Madison Williams cité par la presse américaine, un LBO permettra à cette entreprise de 7.000 salariés de se restructurer en profondeur sans avoir à subir la pression des investisseurs publics traditionnels.
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