BHP Billiton se heurte à la gourmandise du Canada sur le dossier Potash
BHP Billiton est au pied du mur. Après l’échec de son projet de coentreprise dans la production de minerai de fer avec Rio Tinto, le géant minier est contraint de trouver une issue favorable à l’opération de rachat du canadien Potash. Mais, alors que Rio Tinto compte mettre 3,1 milliards de dollars sur la table pour développer ses capacités de production dans la région australienne de Pilbara, BHP a maille à partir avec les autorités canadiennes.
Ses espoirs de voir son offre de 39 milliards de dollars remporter la mise ont pourtant été ravivés après le retrait du chinois Sinochem. La province canadienne de Saskatchewan a douché ces espoirs mardi. Pourtant, le producteur australien a rajouté à son offre une soulte de 370 millions de dollars pour compenser une partie des pertes de recettes fiscales que l’Etat canadien anticipe en raison du rachat de Potash : les coûts de développement de la mine de Jansen, la plus grosse du monde, pourraient priver le Saskatchewan de 5,7 milliards de dollars canadiens sur dix ans. La province demande donc plus.
Comme le souligne Paul Cliff, analyste chez Nomura, le directeur général de BHP, Marius Kloppers, n’a plus le droit à l’erreur. «Dans la mesure où BHP est passé à côté de deux transactions, avec Rio Tinto, je pense qu’ils ont une pression supplémentaire pour faire aboutir le rachat de Potash». Mais le temps presse, la province de Saskatchewan doit en effet remettre dès aujourd’hui sa recommandation sur l’offre hostile à l’Etat canadien, qui doit trancher d’ici au 3 novembre. Mardi, le groupe minier a indiqué être «préparé à prendre des engagements qui iront bien plus loin que les exigences formulées par la législation canadienne et qui devraient répondre concrètement aux inquiétudes quant au manque à gagner sur les recettes fiscales de la province».
D’ailleurs, BHP dispose d’une marge de manœuvre financière supplémentaire. Si son projet avec Rio Tinto avait abouti, il aurait dû s’acquitter d’un montant de 5,8 milliards de dollars pour équilibrer la transaction. Nomura estime par ailleurs qu’il faudrait que «BHP relève son offre à 150 dollars par action pour recevoir le soutien de Potash». Andrew Keen, analyste chez HSBC estime néanmoins que «si BHP a la liquidité nécessaire pour relever son offre, il devrait cependant se heurter à ses actionnaires, sceptiques quant à la valeur réelle de la cible».
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