Bayer anime à son tour le bal endiablé des M&A du secteur pharmaceutique

Le groupe allemand va verser 14,2 milliards de dollars pour le rachat des médicaments sans ordonnance de l’américain Merck
Benoît Menou

Bayer apporte sa contribution à la frénésie d’acquisitions qui s’est emparée du secteur pharmaceutique dans le monde. Le groupe allemand a en effet convenu de verser 14,2 milliards de dollars pour mettre la main sur les médicaments sans ordonnance de l’américain Merck & Co. L’acquéreur met en avant une valorisation représentant 21 fois le bénéfice 2013. Un prix jugé élevé par l’analyste de Jefferies Jeffrey Holford, qui souligne tout de même les bienfaits pour Bayer en termes de fiscalité, de coûts et de ventes.

Le directeur financier de Bayer, Werner Baumann, évoque de son côté un prix «très, très convenable» à l’issue d’une lutte acharnée pour le contrôle d’un «joyau». Reckitt Benckiser avait annoncé la semaine dernière renoncer à la partie.

Bayer et Merck ont également dévoilé hier un partenariat dans le domaine des maladies cardiovasculaires, pour lequel l’américain consent un paiement initial d’un milliard de dollars, agrémenté de compléments pouvant allant jusqu’à 1,1 milliard en fonction des résultats commerciaux.

Bayer et Merck justifient tous deux l’opération sur les OTC (over-the-counter) par la volonté de concentrer leurs efforts sur des segments plus prometteurs à leurs yeux, sur lesquels l’effet taille est crucial. Bayer, jusqu’ici devancé par l’américain Johnson & Johnson dans les médicaments OTC, réagit ainsi promptement à l’accord dévoilé le mois dernier par Novartis et GlaxoSmithKline passant par la création d’une coentreprise qui doit devenir numéro un mondial sur ce segment. Le groupe allemand se targue de préserver sa deuxième place, reléguant J&J au troisième. Merck, de son côté, reste selon son directeur général Ken Frazier indécis sur le sort de sa santé animale, placée sous revue l’an dernier au même titre que les OTC.

Mais ces segments ne sont pas seuls à prendre part à la course folle des M&A. Porté par l’offensive de Pfizer sur AstraZeneca, avec une offre relevée à 112 milliards de dollars la semaine dernière, le volume des fusions-acquisitions annoncées dans le secteur pharmaceutique a atteint un plus haut historique. Selon Dealogic, ce volume a bondi de 160% par rapport à celui de 2013 à la même date (pour un nombre d’opérations en baisse de 20% à 713). La pharmacie représente ainsi 22% d’un marché mondial des M&A en hausse de 52% tous secteurs confondus, une part inédite selon Dealogic et en progression de 9 points par rapport à l’an passé.

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