Baxter va débourser 4 milliards de dollars pour se renforcer dans la dialyse
Contrôlé depuis 2006 par le fonds suédois EQT Partners et son homologue Investor (groupe Wallenberg), le spécialiste de la dialyse Gambro était depuis près d’un an dans la ligne de mire de l’américain Baxter. Conseillé par JPMorgan Chase, le groupe de matériel médical, également présent sur le segment des dérivés sanguins, va finalement mettre la main sur sa cible pour 4 milliards de dollars (3,05 milliards d’euros) en valeur d’entreprise.
Payé en numéraire, ce montant valorise les fonds propres de Gambro 2,8 milliards de dollars, auxquels s’ajoute une dette nette de 1,8 milliard reprise par Baxter.
Le groupe américain, qui signe sa plus importante acquisition en plus de 20 ans, va ainsi renforcer sa position concurrentielle sur le segment en forte croissance des thérapies rénales. Cette activité représentait l’an dernier pour Baxter 2,5 milliards de dollars de ventes sur un chiffre d’affaires total de 13,9 milliards. Fort d’un portefeuille de produits innovants, notamment dans l’hémodialyse réalisée en milieu hospitalier, Gambro apportera à Baxter 1,6 milliard de ventes supplémentaires et une diversité géographique accrue, ce qui confortera sa deuxième place mondiale avec 32% du marché de la dialyse. Il se situera juste derrière l’allemand Fresenius, qui en contrôlait un tiers en 2011. «L’ambition de Baxter est de dépasser Fresenius à moyen terme», juge Kristofer Liljeberg, analyste chez Carnegie.
La transaction devrait avoir un effet dilutif de 10 à 15 cents sur le bénéfice par action ajusté du groupe en 2013, puis positif à partir de 2014. Elle sera financée «à 75% grâce à de nouveaux emprunts et le reste sur une partie de la trésorerie détenue hors des Etats-Unis», précise le PDG de Baxter Robert Parkinson. Il prévoit «des synergies de coûts de 300 millions de dollars par an d’ici à 2017», qui se traduiront par un impact positif d’au moins 10% sur son bénéfice par action ajusté et son cash-flow libre sur la période 2012-2017.
Baxter compte ramener son ratio de dette nette sur excédent brut d’exploitation à environ 1,5 fois à l’horizon 2016, contre 2,3 fois immédiatement après la transaction. Celle-ci devrait être bouclée «au premier semestre 2013», après approbation des autorités de la concurrence en Europe et aux Etats-Unis. Le groupe entend par ailleurs maintenir son taux de distribution du dividende à environ 40%, tout en «modérant ses rachats d’actions à court terme».
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