BASF réorganise ses activités européennes dans les engrais azotés
La consolidation du marché européen se poursuit dans les fertilisants. BASF a annoncé hier qu’il allait se désengager d’une grande partie de son activité de fabrication d’engrais azotés au bénéfice d’EuroChem, entreprise russe contrôlée par l’homme d’affaires Andreï Melnitchenko, pour un montant total d’environ 700 millions d’euros. Outre une usine située à Anvers qui emploie 330 personnes, le groupe chimique va céder la participation de 50% qu’il détient dans la coentreprise alsacienne PEC-Rhin, comptant 190 personnes, qu’il avait créée avec une filiale du pétrolier Total.
La capacité de production des sites concernés «représente 2,5 millions de tonnes d’engrais par an» et des ventes d’environ 500 millions d’euros. Ceci correspond à moins de 1% du chiffre d’affaires consolidé de BASF dont les activités de fertilisants situées à Ludwigshafen sont exclues du périmètre de cession. Le numéro un mondial de la chimie précise que la transaction sera bouclée «d’ici la fin du premier trimestre 2012».
«BASF s’emploie à mettre en œuvre sa stratégie de sortie des activités les plus cycliques», commente Heiko Feber, analyste chez Bankhaus Lampe, en saluant cette initiative. Le groupe allemand avait annoncé dès février dernier son intention de réduire sa présence sur ce segment des fertilisants qui souffre de la concurrence des producteurs du Proche-Orient.
En l’emportant sur le norvégien Yara International et sur l’égyptien Orascom Construction également candidats à ce rachat, EuroChem disposera d’un accès direct au complexe chimique intégré bâti à Anvers par BASF. Le groupe russe est en mesure d’accéder à bon prix à des réserves de gaz naturel servant à produire l’ammoniac utilisé ensuite comme engrais. Il souhaite réinvestir une partie de ses bénéfices pour renforcer sa présence à l’étranger et la part de son activité constituée de produits à forte valeur ajoutée.
Cette transaction ne devrait pas affecter le groupe de potasse allemand K+S qui commercialise une partie de la production d’engrais azotés de BASF, en vertu d’un accord qui court au moins jusqu’en 2014. La collaboration devrait être d’autant plus facile qu’Andreï Melnitchenko détient, à travers la société de fiducie Meritus Trust, près de 10% du capital de K+S.
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