Atos prévoit de dépasser son objectif de rentabilité pour 2025
Le groupe de services informatiques Atos prend de la hauteur en Bourse mercredi, alors que le groupe de services informatiques a annoncé que sa marge opérationnelle s’est située au-delà de ses espérances en 2025. Sur la période, «cet indicateur devrait finalement avoir dépassé 350 millions d’euros», a déclaré Philippe Salle, le PDG de l’entreprise, lors d’une conférence avec des journalistes. Jusqu'à présent, Atos prévoyait une marge opérationnelle supérieure à 340 millions d’euros et au-dessus de 4% du chiffre d’affaires au titre de l’exercice 2025, dont les résultats seront dévoilés le 6 mars prochain.
La progression de 4,5% du cours de Bourse d’Atos vers 14h45, à 56,21 euros, «salue cette bonne nouvelle qui souligne l’excellent travail effectué par les dirigeants pour réduire les coûts de fonctionnement d’un groupe qui revient de loin», commente un analyste basé à Paris. «Le nettoyage du portefeuille d’actifs et l’abandon des contrats peu ou pas rentables», sont à la base du redressement en cours de la rentabilité, ajoute-t-il. La marge opérationnelle d’Atos représentait 2,1% du chiffre d’affaires en 2024 et doit augmenter jusqu'à environ 10% des ventes d’ici à fin 2028 selon le plan stratégique «Genesis».
Autre bonne nouvelle: Atos a fait part d’une position de liquidités de 1,71 milliard d’euros au 31 décembre 2025, contre 2,19 milliards d’euros un an plus tôt, soit bien au-dessus des 650 millions d’euros requis par la documentation de crédit. Cet indicateur est très surveillé par les investisseurs depuis que le groupe a bouclé il y a un peu plus d’un an son plan de restructuration financière, qui lui a permis de réduire son endettement en convertissant 2,9 milliards d’euros de dettes financières en capital. D’ailleurs, l’entreprise a l’obligation de faire état de sa position de liquidités à intervalles réguliers selon les accords conclus avec ses créanciers.
A lire aussi : Entre enfer et rédemption, Atos sur le chemin d’une nouvelle genèse
Une consommation de trésorerie qui reste élevée
Pour autant, les inquiétudes n’ont pas totalement disparu. «Bien que pénalisée à hauteur de 431 millions d’euros par les charges de restructuration, la consommation de trésorerie d’Atos reste trop élevée», souligne toutefois un gérant. Le flux de trésorerie disponible du groupe a été négatif de 327 millions d’euros l’an passé, avant remboursement de la dette, évolutions du périmètre, variations des taux de change et fluctuations des encaissements non sollicités perçus avant la date d'échéance des factures. «Dans ce contexte, et en dépit de la hausse du titre ce mercredi, le dossier reste à manier avec une grande prudence», poursuit ce gérant.
Cette réserve est partagée par Oddo BHF, qui pointe la faiblesse persistante de la dynamique commerciale. Au quatrième trimestre de 2025, le chiffre d’affaires du groupe a accusé un repli organique de 9,3% sur un an, à 2 milliards d’euros. Bien que moins marquée qu’au cours des trimestres précédents, cette baisse de l’activité est révélatrice de conditions de marché défavorables et du manque à gagner lié aux contrats perdus en 2024. En outre, les commandes enregistrées l’an passé par la division stratégique d’Atos ont représenté moins de 90% de son chiffre d’affaires, remarque Oddo BHF, qui anticipe une contraction organique de 4% sur un an du chiffre d’affaires de l’ensemble du groupe en 2026.
Pourtant, Atos a toujours pour ambition cette année de renouer avec la croissance organique de son chiffre d’affaires, qui a chuté de 13,8% sur un an en 2025 en données organiques, et d’afficher une variation nette positive de trésorerie avant remboursement de la dette, évolution du périmètre et fluctuations des taux de change. Les objectifs précis du groupe pour l’exercice en cours seront dévoilés le 6 mars, a indiqué Philippe Salle. «L’année 2026 sera celle du rebond du chiffre d’affaires», a complété le dirigeant, qui reconnaît néanmoins «que regagner la confiance des clients prend plus de temps que prévu».
Plus d'articles du même thème
-
L’Europe renforce son rôle central pour les sociétés du SBF 120
Le contexte économique mondial conduit à un rééquilibrage progressif entre marchés de proximité et marchés internationaux. Ces grandes sociétés réalisent 60% de leur chiffre d’affaires en zone EMEA, contre 57% en 2022. -
La faiblesse de la consommation américaine pénalise Walmart
Le premier distributeur mondial a publié jeudi 20 août une croissance des ventes à magasins comparables aux Etats-Unis inférieure aux attentes. A Wall Street, le titre cédait plus de 9% à l'approche de la fermeture des places européennes, malgré un relèvement de ses objectifs annuels. -
Le brasseur Carlsberg profite de la progression des boissons non alcoolisées
Le relèvement de l’objectif annuel de résultat d’exploitation du groupe danois en haut de fourchette n’a pas suffi à rassurer le marché, qui s’inquiète de volumes inférieurs aux attentes au premier semestre.
ETF à la Une
Vanguard sort trois fonds Ucits actions mondiales
- Crédit Agricole Assurances accélère sa diversification et mise sur l’affinitaire
- Scott Bessent se porte au secours des Treasuries
- Stellantis écorne un peu plus son image en rappelant près d'un million de véhicules
- Les cash-flows retrouvent leur éclat aux yeux des investisseurs
- Les secteurs bancaires américains et européens font deux paris différents pour la monnaie du futur
Contenu de nos partenaires
-
OrageGuerre du ciel : le bras de fer de Zelensky avec Poutine
Le président ukrainien, contesté frontalement par son ancien ministre de la Défense, doit composer avec le manque cruel d’intercepteurs contre les missiles balistiques russes -
Le maire LFI de Saint-Denis Bally Bagayoko visé par une enquête pour détournement de fonds publics
Deux plaintes avaient été déposées contre l’élu, accusé d’avoir cumulé illégalement son emploi à la RATP avec ses fonctions d’adjoint au maire pendant vingt ans -
« Les besoins sont considérables » : l’Ukraine toujours en quête de fonds pour financer son effort de guerre
Face aux coûts monumentaux du conflit avec la Russie, le prêt de 90 milliards d’euros consenti par les Européens en décembre 2025 pourrait ne pas suffire