Atos boucle le financement de son plan de restructuration
A quelques jours de l’ouverture officielle des Jeux Olympiques de Paris, le 26 juillet, le groupe de services numériques en difficulté Atos, partenaire technologique de ces JO, a annoncé, lundi, avoir reçu les engagements nécessaires pour couvrir ses besoins de liquidités. Il a en outre conclu un accord dit de «lock-up» concernant son plan de restructuration financière, dont le montant atteint 1,675 milliard d’euros, réuni et garanti par un groupe de banques à hauteur de 50% et un groupe de porteurs d’obligations à hauteur de 50%.
Le financement intérimaire de 800 millions d’euros (dont 450 millions déjà accessibles par Atos) est maintenant assuré, garantissant des liquidités nécessaires pour financer l’activité jusqu'à la clôture du plan de restructuration financière.
«Nous sommes prêts pour les Jeux olympiques. Nous avons déjà passé toutes les étapes de tests. Nous sommes mobilisés pour nous assurer que ces Jeux soient un succès, comme toutes les autres éditions que nous avons gérées», a déclaré Paul Saleh, directeur général d’Atos, lors d’une conférence téléphonique avec des journalistes lundi.
Selon les termes de l’accord, «les signataires s’engagent à soutenir et réaliser toute démarche ou action raisonnablement nécessaire à la mise en œuvre et la réalisation de la restructuration financière de la société», a expliqué Atos dans un communiqué. La conclusion de cet accord «permet de recueillir le soutien des parties prenantes à la restructuration qui ne sont pas directement impliquées dans les discussions», a ajouté Atos. La possibilité de participer à l’accord sera ouverte à ces autres créanciers jusqu’au 22 juillet, a précisé le groupe.
Si l’accord est bien mené à terme, cela représenterait enfin une sortie de crise pour le groupe de plus de 95.000 salariés : plombé par une dette brute de 4,8 milliards d’euros, Atos a enclenché en février une procédure de restructuration et a été confronté à plusieurs offres de reprise n’ayant pas abouti, avec pour dernière étape le retrait fin juin du consortium mené par Onepoint. Depuis, les créanciers et les banques se sont entendus pour reprendre eux-mêmes l’entreprise.
Semaine du 22 juillet
L’accord a pu être obtenu après qu’Atos a reçu l’engagement du groupe de banques et du groupe de porteurs d’obligations de financer ses besoins en liquidités (nouveaux financements sécurisés) chiffrés à 1,675 milliard d’euros, a indiqué le groupe.
Atos a confirmé viser l’ouverture d’une procédure de sauvegarde accélérée au cours de la semaine du 22 juillet, dans le but d’obtenir l’approbation du tribunal sur le plan de restructuration financière. «Les opérations de restructuration financière seront ensuite mises en œuvre au cours du second semestre 2024 en vue d’une réalisation effective d’ici la fin de l’année 2024 ou au cours du premier trimestre 2025», a rappelé Atos.
A l’issue de la restructuration financière, les banques et les porteurs d’obligations de la société n’entendent pas agir de concert et Atos restera en conséquence non contrôlée au sens du code du commerce, a par ailleurs indiqué la société.
La gouvernance actuelle va rester en place «durant une période de transition, jusqu'à ce que le plan de restructuration financière soit mené à terme», a indiqué Paul Saleh, évoquant l’arrivée d’une nouvelle gouvernance vers «fin 2024 ou début 2025». «Le conseil d’administration restera composé d’une majorité d’administrateurs indépendants et certains créanciers auront le droit de proposer la nomination de membres et/ou de censeurs» suite à l’opération, a précisé Atos.
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