Arkema est rattrapé par le passif de son ancienne division de PVC
Arkema pensait avoir tourné la page de la chimie vinylique. Le groupe est rattrapé par les difficultés financières de son ancienne division, cédée l’an dernier pour un euro symbolique au fonds de l’homme d’affaires anglo-américain Gary Klesch. Estimant avoir été trompé par omission sur l’état de santé réel de la société, rebaptisée Kem One, Gary Klesch a saisi le tribunal arbitral de Paris. Le fonds réclame que le groupe de chimie prenne en charge les écarts constatés au bilan et au compte de résultats de Kem One. Le plaignant estime le préjudice à 310 millions d’euros.
Klesch se réserve la possibilité de demander l’annulation de la transaction, annoncée en novembre 2011 et conclue 8 mois plus tard. «Klesch n’aurait pas accepté de conclure la transaction selon les termes proposés s’il avait eu connaissance du caractère trompeur des informations fournies à l'époque des négociations», explique le fonds. Il s’étonne également du départ en retraite, dès la signature de la transaction en juillet 2012, de l’ancien dirigeant du site, Otto Takken, avec lequel une partie des négociations avaient été menées.
«Arkema est profondément choqué par ces allégations graves et mensongères et tient à y opposer le démenti le plus formel», réplique le groupe français qui se dit «parfaitement confiant dans sa capacité à démontrer» l’absence de fondement de ces «accusations». Il rappelle que Klesch a eu, «en toute transparence et tout au long des négociations, accès à l’ensemble des informations nécessaires (...) lui permettant d’apprécier la situation financière ainsi que les perspectives de cette activité». Le fonds était conseillé par August & Debouzy. Arkema était épaulé par BNP Paribas et Willkie Farr & Gallagher. Dans le cadre de cette cession, Arkema indique dans son rapport semestriel avoir «accordé des garanties de passif usuelles dans ce type d’opérations pour un montant maximal de 38 millions d’euros».
Depuis quelques semaines, les syndicats de Kem One alertent les autorités locales et nationales sur la dégradation financière de la société mais aussi sur des transferts de sa trésorerie vers des comptes étrangers, situés notamment dans les îles anglo-normandes. Selon eux, sur les 100 millions d’euros injectés par Arkema l’an dernier au moment de son départ, il ne resterait plus que quelques millions. L’ancienne division de PVC d’Arkema a essuyé une perte nette de 164 millions d’euros au premier semestre 2012.
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