Areva se résout à mourir pour que le nucléaire français survive
Areva : 2001-2017. Telles seront les dates de début et de fin de l’aventure industrielle de l’ingénieriste nucléaire, obligé de se scinder en trois pour éviter qu’elle ne se termine en désastre.
La scission annoncée hier répond d’abord à l’objectif de restructuration financière du groupe, préalable à sa restructuration industrielle ordonnée.
La première structure, la division réacteurs Areva NP, est promise à EDF ; la seconde, baptisée provisoirement NewCo, accueillera l’activité cycle du combustible ; et la troisième, qui sera gérée en extinction, accueillera les actifs à céder, 15% d’Areva NP et surtout l’énorme chantier OL3 finlandais, source d’un interminable et ruineux contentieux.
Cette scission s’annonce extrêmement complexe, juridiquement et politiquement.
Car Bruxelles devra valider le schéma financier de recapitalisation du groupe, de 5 milliards d’euros pour les ¾ financés par l’Etat.
Or le dossier français est contestable au regard du régime européen des aides d’Etat, même si des investisseurs chinois devraient y participer.
Mais l’immense mérite de ce montage alambiqué serait de permettre à EDF de racheter la majorité d’Areva NP pour environ 1,3 milliard, à condition que les contentieux industriels de Flamanville et du Creusot soient surmontés mais sans attendre la fin du contentieux finlandais.
Or les vicissitudes des négociations avec Helsinky, aujourd’hui bloquées, menacent d’enrayer tout le processus.
La scission permettrait aussi la recapitalisation d’Areva par l’Etat avant l’échéance d’un prêt bancaire crucial de plus d’un milliard, début 2017.
L’horizon pour Areva est donc très rapproché. Mais la course de vitesse ne peut pas être perdue pour le nucléaire français.
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