Areva dépasse son objectif de cessions en vendant Canberra à Astorg
C’est de haute lutte qu’Astorg Partners a débuté vendredi les négociations exclusives avec Areva pour acquérir Canberra, sa filiale américaine de mesure de la radioactivité. L’information, révélée par Bloomberg, a été confirmée à L’Agefi par plusieurs sources.
Selon nos informations, le processus a débuté en début d’année avec 16 candidats, qui se sont retrouvés à six au deuxième tour. Cinq offres fermes auraient été déposées le 14 septembre. Jeudi soir, seuls Astorg, Mirion Technologies (un industriel contrôlé par American Capital) et Danaher restaient en lice. Beaucoup de questions ont dû être traitées, comme des transferts de propriété intellectuelle et le découpage de certaines activités et fonctions entre Canberra et Areva. Astorg, conseillé par Bucéphale, se serait également engagé vis-à-vis de l’Etat (actionnaire d’Areva) à conserver le périmètre d’activités de la filiale. Ce probablement afin de conserver l’emploi en France.
Areva, conseillé par Credit Suisse, comptait récupérer plus de 300 millions d’euros. Selon nos sources, Canberra aurait été valorisée entre 310 et 350 millions. L’opération sera financée majoritairement en fonds propres. Pour la dette, et devant la nécessité d’aller vite, Astorg aurait obtenu un accord inconditionnel pour un financement unitranche auprès de GSO Capital Partners, l’activité de dette privée de Blackstone. L’«unitranche», arrangé par les fonds de dette, est un instrument obligataire à haut rendement, dont le prix se situe entre les prêts bancaires et la dette mezzanine. Il évite donc de longues négociations avec les comités de crédit des banques, beaucoup plus exigeants depuis la crise financière. Il n’est pas structuré en tranches de maturité, de rang de priorité et de coûts différents. En outre, l’emprunteur n’a, au moins dans un premier temps, qu’un seul interlocuteur.
Cela dit, l’affaire est loin d’être terminée. La signature de la transaction est prévue pour la mi-décembre et sa conclusion en février – mais il faudra d’ici là traverser la période d’information-consultation des partenaires sociaux, «lesquels ont un véritable pouvoir chez Areva, comme l’ont montré les négociations pour la cession d’Areva T&D», fait remarquer une source.
En cédant Canberra, Areva dépasse les objectifs de son plan de cession d’actifs annoncé en décembre 2011. Il prévoyait d’atteindre au minimum 1,2 milliard d’euros début 2013.
Plus d'articles du même thème
-
PARTENARIATMétaux stratégiques : l’autre front des tensions géopolitiques
Derrière les 20 % de brut mondial transitant par le détroit d'Ormuz, la crise affecte directement les métaux. La région détient 10 % des capacités de production d'aluminium, exposées à des dommages permanents, et sécurise 40 à 50 % des exportations mondiales de soufre, un intrant indispensable à l'extraction du cuivre et du nickel. -
PARTENARIATIA: où se situent les vraies opportunité d’investissement ?
L’IA crée des goulots d’étranglement techniques qui se transforment en opportunités majeures pour surperformer le marché. -
Prosus estime avoir réussi son virage stratégique
Le conglomérat technologique néerlandais table sur une hausse de son bénéfice par action sous-jacent comprise entre 19% et 28% pour son exercice clos fin mars 2026.
ETF à la Une
Generali Investments va lancer ses premiers ETF actifs en Europe
- Les méga-IPO sont le dernier signe avant-coureur de bulle spéculative
- La France domine toujours le classement des meilleurs masters en finance
- Le pétrole plonge après l'accord entre les Etats-Unis et l'Iran
- L’assurabilité climatique refait surface dans l’agenda politique
- Accenture ravive les craintes sur l’IA et enfonce Capgemini dans le rouge
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreFrance–Afrique : la fin du pré carré ?
Lors du sommet Afrique-France « Africa Forward » à Nairobi en mai dernier, le président Macron a affirmé que l’ère du pré carré français en Afrique était terminée, « depuis 2017 c’est fini », s’attribuant en quelque sorte cet état de fait. -
Un train de retardPourquoi les trains et réseau ferré de la SNCF sont peu adaptés aux chaleurs extrêmes
La vague de chaleur qui s’abat sur la France met en lumière l’inadaptation d’une partie du réseau ferré, dont la régénération est au cœur d’une future loi-cadre qui peine à être examinée. -
Tribune libreAnthropic, Starlink... : la souveraineté, c’est la règle, pas le pavillon
Depuis Bodin, la souveraineté désigne moins l’autosuffisance que la capacité de fixer la loi et de la faire respecter