Areva abandonne ses perspectives financières 2011 et 2012
Alors qu’Areva a lancé vendredi son processus de cotation en Bourse via l’offre publique d’échange initiée sur ses certificats d’investissement, la communication financière du groupe de nucléaire reste encore perfectible. A la fin du communiqué publié vendredi, Areva glisse en effet que ses «perspectives financières 2011 et 2012, communiquées à l’occasion des résultats annuels 2010» ne sont plus «pertinentes». En cause: les incidents dans la centrale nucléaire de Fukushima. Un argument légitime et peu surprenant compte tenu des désordres qu’ont provoqués les événements au Japon sur la filière nucléaire. Mais celui-ci aurait certainement mérité une meilleure publicité.
Areva indique que cet avertissement avait déjà été «indiqué dans le document de référence 2010», à la page 168. La précision sur les perspectives intégrées dans le document a été faite à la demande de l’Autorité des marchés financiers (AMF).
Compte tenu de la modification de son environnement engendrée par les événements japonais, Areva «a donc engagé une revue de leurs impacts sur son activité et, par conséquent, sur ses prévisions». L’impact pourrait être «négatif ou positif», indique à L’Agefi un porte-parole du groupe. Initialement, pour 2011, Areva prévoyait une progression de son chiffre d’affaires et une marge opérationnelle supérieure à 5%. Pour 2012, il tablait sur un chiffre d’affaires de 12 milliards d’euros, sur une marge opérationnelle à deux chiffres et enfin sur un cash-flow opérationnel libre significativement positif.
Face à ce manque de visibilité, et alors que l’augmentation de capital de 900 millions d’euros réalisée en fin d’année dernière était inférieure au montant escompté, S&P a abaissé vendredi la qualité de crédit dite «stand alone», c’est-à-dire celle qui serait attribuée si le groupe ne bénéficiait pas du «fort soutien» de son actionnaire public. Celle-ci tombe dans la catégorie «spéculative» à BB+ contre BBB- auparavant, soit trois crans en dessous de la note «officielle» maintenue à BBB+.
S&P estime que l’excédent brut d’exploitation d’Areva va fortement se redresser en 2012 mais qu’en attendant, l’Etat et la direction du groupe se concentreront sur la réduction de la dette, notamment via de possibles cessions d’actifs (participation dans Eramet), l’ouverture du capital de la division minière, voire une nouvelle émission d’actions. L’agence estime à 5,6 milliards d’euros la dette ajustée d’Areva à fin 2010.
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