ArcelorMittal risque de devoir tailler dans son dividende
L’inquiétude monte autour d’ArcelorMittal. Alors que le gouvernement français s’époumone pour tenter d’éviter la fermeture partielle du site de Florange, les investisseurs se font un sang d’encre en regardant la situation de dette du premier producteur mondial d’acier.
Le groupe a bien émis, fin septembre, une obligation perpétuelle subordonnée pour un montant de 650 millions de dollars, avec un coupon annuel de 8,75%. Mais cette première opération depuis sa dégradation en août en catégorie «junk» par S&P n’a pas suffi à calmer les inquiétudes.
La semaine dernière, face à la faiblesse du marché de l’acier, en volume et en prix, HSBC et Citigroup ont dégradé leurs estimations d’Ebitda pour 2013. Le premier attend 8 milliards de dollars. Le second se montre encore plus pessimiste avec une prévision de 7,1 milliards, la plus faible de tous les analystes suivant la valeur. Les deux courtiers sont largement en dessous du consensus, toujours fixé à 9 milliards. Au début du mois de septembre, Exane BNP Paribas avait également abaissé ses prévisions, pour les mêmes raisons.
Ces niveaux d’Ebitda, stables voire en baisse par rapport à celui espéré pour 2012, mettraient en danger le covenant de «leverage» sur la dette bancaire syndiquée d’ArcelorMittal. Selon celui-ci, le niveau de dette nette ne doit pas dépasser 3,5 fois l’Ebitda. Selon les estimations de Citi, le ratio pourrait déjà s’élever à 3,1 fin 2012 voire à 3,4 selon Exane BNP Paribas. La marge de manœuvre de l’aciériste paraît donc extrêmement limitée. Et même si en 2009 les banques du groupe avaient temporairement accepté une remontée du covenant à 4,5, la situation d’aujourd’hui appelle selon les analystes à de nouvelles actions de désendettement.
En août, lors de sa mise sous surveillance négative, Moody’s estimait que le groupe aurait besoin de réduire de 5 milliards de dollars son endettement pour préserver sa notation «investment». Selon Citi, le groupe aura du mal à faire rentrer une telle somme à court terme ce qui pourrait lui valoir un passage en «junk», ce qui renchérira le coût de la dette.
Enfin, alors que l’augmentation de capital parait peu probable aux niveaux de valorisation actuels (0,4 fois l’actif net), les analystes s’attendent à ce qu’ArcelorMittal coupe dans son dividende 2013. Exane BNP Paribas n’exclut pas une baisse de 50%. Citi table sur -43%.
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