Apax prend les rênes d’Altran pour tenter de retrouver sa mise

Philippe Salle a été nommé vendredi PDG à la place d’Yves de Chaisemartin. Le cours est inférieur au prix de revient du fonds, trois ans après son arrivée
Olivier Pinaud

Vous voulez me faire partir comme on fait partir un voleur de poules. Ce n’est pas convenable, ce n’est pas usuel, ce n’est pas normal». Enlevée, et chaudement applaudie par la salle, la plaidoirie de l’ancien avocat Yves de Chaisemartin n’aura pourtant pas suffi à lui faire conserver sa place à la présidence d’Altran. Présenté et élu lors de l’assemblée générale par le fonds Apax, premier actionnaire de la société, Philippe Salle a pris les commandes du groupe dès vendredi après-midi. «Je vous demande de le soutenir», a toutefois demandé Yves de Chaisemartin, une fois le verdict connu, aux principaux managers d’Altran présents dans l’assemblée.

Ce soutien des principaux dirigeants sera indispensable si Philippe Salle veut respecter la «feuille de route» dictée par le fonds d’investissement Apax. «Concentrer ses ressources sur un nombre plus limité de pays et de métiers (…). Accélérer la croissance, interne, et par acquisitions (…). Augmenter la rentabilité au niveau des meilleurs», a détaillé lors de l’AG Maurice Tchenio, le fondateur d’Apax. Sans parler de la nécessité de préparer le renouvellement du conseil d’administration d’Altran, où les mandats des huit administrateurs arrivent à échéance en juin 2012. «Altran doit avoir un conseil à la hauteur de ses ambitions», a expliqué Maurice Tchenio. Les administrateurs ont apprécié le compliment…

Pour Apax, l’objectif est clair: faire remonter le cours de bourse d’Altran au-delà de son prix de revient de 5,5 euros par action. Le fonds a investi 98 millions d’euros début 2008 dans l’augmentation de capital lancée par la société de conseil en R&D. Il a ajouté 52 millions pour racheter une partie des titres des fondateurs. Mais, malgré les efforts de restructuration menés ces trois dernières années - «les coûts ont été réduits de 100 millions d’euros» a rappelé Yves de Chaisemartin – malgré une nette accélération de l’activité depuis six mois, le cours n’était que de 5,24 euros le 10 juin. «A ma grande tristesse, trois ans après notre entrée, malgré les efforts colossaux, nous constatons que les résultats ne sont pas au rendez-vous», a reconnu Maurice Tchenio.

D’autres efforts sont donc prévisibles dans les prochains mois. Référence du secteur, Alten a dégagé 10% de marge opérationnelle courante en 2010. Celle d’Altran s’élevait à 4,8%. Apax mise sur l’expérience de Philippe Salle, qui a mené par le passé un LBO (Geoservices), pour satisfaire aux exigences de rendement de ses investisseurs.

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