Anglo American s’empare à très bon prix du joyau De Beers
Anglo American a réussi l’impossible: s’offrir De Beers. Après avoir essuyé de multiples refus ces dernières années, le groupe minier a enfin convaincu la famille Oppenheimer de lui céder ses 40% au capital du plus grand diamantaire du monde. Avec les 45% qu’il détenait déjà, Anglo American pourra ainsi monter à 85% du capital une fois la transaction bouclée, dans le courant de 2012. Le temps que l’Etat du Botswana puisse éventuellement exercer son option pour porter sa participation à 25% contre 15% actuellement. Vendredi, le gouvernement a indiqué qu’il étudiait toutes les possibilités.
Le bloc de 45% sera payé 5,1 milliards de dollars (3,72 milliards d’euros) ce qui valorise l’intégralité du capital à 11,33 milliards de dollars. Selon les analystes de RBC, le prix est de 25% inférieur à la valeur du marché, alors que De Beers dispose des plus importantes réserves mondiales de pierres. Liberum Capital estime que le prix payé capitalise 9,1 fois la prévision de bénéfice pour 2012 alors que Petra Diamonds et Gem Diamonds, les principaux concurrents de De Beers, affichent des multiples respectifs de 9,8 et 8,5 fois. L’opération sera financée sur les fonds propres actuels d’Anglo American et pourrait, selon Liberum, accroître de 7% à 8% le bénéfice par action du groupe minier au cours des trois prochaines années.
Anglo American était quoi qu’il en soit le seul acquéreur possible de la participation des Oppenheimer, ce qui a pu peser sur le prix de vente. Ensuite, le diamantaire, propriété de la plus riche famille sud-africaine depuis 1926, va rejoindre un groupe «cousin». Anglo American a en effet été fondé en 1917 par Ernest Oppenheimer, le grand-père de l’actuel président de De Beers.
Selon les analystes, l’intégration de De Beers chez Anglo American permettra une modernisation du modèle du diamantaire qui assure à lui seul un tiers de la production mondiale de diamants. Les mines les moins prolifiques pourraient être vendues et le viseur devrait être un peu plus déplacé vers l’Asie et le Moyen-Orient. Ces deux régions pourraient représenter 40% de la demande en 2015, alors que la Chine et l’Inde ne pesaient que 8% en 2005. En revanche, une éventuelle mise en Bourse de De Beers par la suite n’est pas à l’ordre du jour, a assuré la direction d’Anglo American.
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