Andrea Bonomi mise sur le potentiel de rebond de Tod’s
L’arrivée d’Andrea Bonomi au capital d’une société cotée ne passe pas inaperçu ! L’action du chausseur italien Tod’s a gagné hier 7,07% à 65,10 euros, après l’entrée de l’homme d’affaires milanais à son capital. A travers son fonds Strategic Capital, Andrea Bonomi a pris 3% du capital de Tod’s, soit un investissement de l’ordre de 60 millions d’euros. Un investissement de long terme pour soutenir la croissance du groupe de luxe.
Andrea Bonomi avait agité le microcosme parisien fin 2014, en s’engageant dans une bataille acharnée avec le chinois Fosun pour la reprise du Club Méditerranée, avant de jeter l’éponge début janvier 2015. En décembre 2015, Investindustrial, groupe de capital-investissement de la famille Bonomi, avait acquis 100% du chausseur italien Sergio Rossi, auprès du groupe français Kering. Tod’s, qui détient dans son escarcelle également les marques Hogan, Fay, et Roger Vivier, est dirigé par Diego Della Valle, qui contrôle 61% du capital. Bernard Arnault détient aussi 3,4% des titres, et le fonds Oppenheimer 3,7%, selon la Consob, le régulateur italien.
Chiffre d’affaires en recul
Comme d’autres acteurs du luxe, Tod’s souffre de la conjoncture actuelle. Sur les neuf premiers mois de l’exercice 2016, son chiffre d’affaires a reculé de 3,7% à 758 millions d’euros, mais de 14,6% à périmètre comparable en raison de la faiblesse des mois de juillet et d’août. En revanche, le groupe assurait fin octobre que la situation s’améliorait depuis le mois de septembre. Sur le premier semestre, Tod’s avait enregistré une baisse de 16% de son Ebitda à 86 millions d’euros, soit une marge de 17,3%, contre 20% un an plus tôt. Pour l’exercice 2016, le consensus Bloomberg table sur 180 millions d’euros d’Ebitda pour 1 milliard de chiffre d’affaires, soit une marge de 18%, contre 19,5% en 2015.
Si le groupe avait pâti en mai dernier du départ de sa directrice de la création, Alessandra Facchinetti, Citi estime que cela pourrait donner l’occasion à Tod’s de «se recentrer sur le cœur de son offre classique de produits». Par ailleurs, le bureau d’analyse a relevé son objectif de cours de 57 à 69 euros pour tenir compte de la possible adoption d’un nouveau régime fiscal, qui soutiendrait le bénéfice net. Ce que vient de faire Salvatore Ferragamo. Pour sa part, Barclays a rehaussé sa cible de 45 à 54 euros, misant sur un redressement du secteur, tandis que HSBC est passé de 56 à 62 euros.
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