American Airlines confie sa restructuration sociale à la justice
American Airlines s’est résignée à se placer sous la protection du «Chapter 11», la loi américaine sur les faillites. Incapable de trouver un accord social avec les syndicats de pilotes et de personnels navigants, la compagnie aérienne espère que la procédure permettra de faire aboutir un dossier ouvert en… 2006. Avec un objectif: réduire des charges d’exploitation que la direction du groupe juge 800 millions de dollars plus élevées que celles de ses deux principaux concurrents dans le ciel américain, United Airlines et Delta Airlines. American Airlines est conseillée par Rothschild pour la partie financière et par le cabinet d’avocats Weil Gotschal & Manges. Le dépôt de bilan est accompagné par un changement de direction, Thomas Horton devenant PDG de la compagnie à la place de Gerard Arpey, parti à la retraite.
Dans l’impasse, malgré une dernière série de négociations mi-novembre, l’accord social menaçait la solidité financière de la troisième compagnie aérienne américaine, la seule à ne pas s’être placée sous la protection du «Chapter11» après les attentats du 11 septembre 2001 et la crise aérienne qui suivit. En 2003, les syndicats avaient accepté 1,6 milliard de dollars de concessions salariales pour éviter la mise en faillite. Depuis 2006, ils demandent une compensation.
Avant le dépôt de son dossier devant un tribunal de New York, American Airlines disposait d’une trésorerie de 4,1 milliards. Elle assure que ce montant lui permettra de poursuivre son activité sans encombres. Mais ses réserves risquaient de fondre au passage de la saison d’hiver et des charges financières, avait récemment prévenu S&P en rétrogradant la note de la compagnie à CCC+, contre B- auparavant, prévoyant un problème de liquidités dans les douze mois.
American Airlines a accumulé plus de 4 milliards de dollars de pertes nettes en trois ans, et a consacré au cours des derniers exercices plus de 2 milliards de dollars à payer les retraites de son personnel. Son dépôt de bilan doit lui permettre de remettre à plat ces charges et de renégocier en parallèle sa dette qui culmine à 29,5 milliards de dollars pour 24,7 milliards d’actifs. Au regard des exemples Delta ou United Airlines, la procédure pourrait durer deux ou trois ans. Elle pourrait également relancer la consolidation du ciel aérien. Hier, l’action AMR, le holding de tête de la compagnie, s’est effondrée de 80,86% à 0,31 dollars.
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Le dirigeant chinois lui a aussi promis l’achat de 200 «gros» Boeing, a-t-il dit. C’est considérable, mais moindre que la commande de 500 avions monocouloirs 737 MAX et d’une centaine de gros porteurs (787 Dreamliner et 777) évoquée par la presse depuis des mois. La Chine est un partenaire stratégique et économique primordial pour l’Iran qui lui destine la grande majorité de ses exportations de pétrole. Elle est directement touchée par la quasi-fermeture, sous l’effet des blocus iranien et américain, du détroit d’Ormuz par lequel transite une grande part de ses acquisitions d’hydrocarbures, d’Iran mais aussi d’autres pays du Golfe. L’Iran a annoncé jeudi, en plein sommet pékinois, que ses forces avaient autorisé le passage de plusieurs navires chinois. Washington voudrait voir Pékin user de son influence sur Téhéran pour contribuer à une sortie de crise dans le Golfe. Tout en s’employant diplomatiquement, Pékin a observé jusqu'à présent une grande retenue. «Nation en déclin» C’est l’un des sujets de crispation que le sommet est destiné à atténuer, sinon à dissiper. Ils abondent: Iran donc, Taïwan, relations commerciales, restrictions d’accès aux terres rares et aux semi-conducteurs, intelligence artificielle et propriété intellectuelle... Ils se sont manifestés ouvertement jeudi avec une mise en garde vigoureuse du président chinois quant au risque de «conflit» entre Chine et Etats-Unis au sujet de Taïwan. Les propos de M. Xi ont dominé le premier jour de la visite. La compétition - stratégique, commerciale, technologique - est extensive et la Chine semble miser sur un déclin des Etats-Unis, subtilement évoqué par Xi Jinping lui-même lorsqu’il a cité l’historien de l’Antiquité grecque Thucydide, théoricien du risque de guerre lorsqu’une puissance émergente entre en rivalité avec une puissance dominante. M. Trump a répondu jeudi soir dans un message sur sa plateforme Truth Social. «Le président Xi a fait très élégamment référence aux Etats-Unis comme étant peut-être une nation en déclin», a-t-il dit. Mais selon lui, l’homme fort de Pékin avait à l’esprit les Etats-Unis de son prédécesseur Joe Biden, pas l’Amérique actuelle. «Il y a deux ans, nous étions effectivement une nation en déclin. Aujourd’hui, les Etats-Unis sont le pays le plus génial de la planète», a-t-il dit. «Stabilité constructive» Depuis le retour de M. Trump à la Maison Blanche, Chine et Etats-Unis se sont livré une âpre guerre commerciale aux répercussions planétaires, à coups de droits de douane exorbitants et de restrictions multiples. MM. Trump et Xi ont conclu une trêve en octobre et, depuis, la Cour suprême américaine a mis à bas les droits de douane généralisés de l’administration Trump. Mais le cessez-le-feu commercial reste exposé à l’instauration de nouvelles surtaxes américaines envisagées par le républicain. Actuellement, l'économie mondiale et la Chine ressentent les effets de la guerre menée par M. Trump avec Israël contre l’Iran. M. Xi a réaffirmé jeudi le vœu chinois de certitude et de prévisibilité dans un monde en proie aux turbulences. Lui et M. Trump se sont entendus pour désigner désormais les rapports sino-américains comme une «relation de stabilité stratégique constructive», selon la diplomatie chinoise. Le président chinois a promis d’ouvrir «toujours plus grand» la Chine aux entreprises étrangères. Avec l’excédent commercial chinois, les pratiques déloyales ou les violations de propriété intellectuelle imputées à la Chine, les obstacles à l’accès au marché chinois sont l’un des grands griefs des Etats-Unis, comme d’autres pays développés, à l’encontre de Pékin. M. Trump a emmené avec lui une importante délégation de grands patrons. 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