Altran paie chèrement la cession d’Arthur D.Little
Arrivé aux commandes d’Altran en juin 2011, Philippe Salle a tenu son engagement: vendre Arthur D.Little avant la fin de l’exercice. La filiale de conseil en stratégie a été cédée à ses dirigeants pour un montant compris entre 13 et 20 millions d’euros. Le paiement se fera en plusieurs échéances et comprend une part variable (earn out) d’un montant maximal de 10 millions d’euros, en fonction du délai de paiement.
Pour conclure l’opération, Altran a également accordé aux repreneurs, réunis dans le holding 1886 Partnership, un prêt de 15 millions d’euros tiré sur les liquidités du groupe. Ce crédit arrive à échéance fin 2015. Il est garanti par la marque Arthur D.Little qui était valorisée 32 millions dans les comptes 2010 d’Altran.
En plus de cette facilité de financement, l’opération se soldera par une charge comptable nette de 60 à 90 millions en 2011 pour Altran, dont 38,6 millions ont déjà été enregistrés au premier semestre en dépréciations de survaleurs. L’écart de la charge exceptionnelle dépendra de l’activation ou non du crédit d’impôts de 36 millions d’euros que généreront les 112 millions d’euros de pertes fiscales liées à la cession d’Arthur D.Little, explique Olivier Aldrin, le directeur financier d’Altran.
Conséquence, le groupe de conseil et d’ingénierie essuiera une perte nette en 2011, qui pourrait osciller entre 45 et 75 millions d’euros, selon les estimations des analystes. En revanche, la cession aura un effet nul ou positif sur la trésorerie d’Altran. Le premier paiement de 2,5 millions d’euros a été perçu fin 2011.
Pour la direction d’Altran, c’était le prix à payer afin de céder sa filiale, dont la greffe au sein du groupe n’a jamais pris après neuf années d’intégration. L’histoire récente a montré que la société de conseil pouvait voir ses résultats fortement déraper en période de crise. Elle avait ainsi perdu 10 millions d’euros en 2009, puis encore 4 millions en 2010.
La sortie d’Arthur D.Little pèsera certes sur les comptes 2011, mais elle améliorera mécaniquement la marge opérationnelle d’Altran. En 2010, sans sa filiale, le groupe aurait dégagé 5,6% de marge, soit 0,6 point de mieux qu’avec la structure. Un levier indispensable alors que Philippe Salle s’est engagé à porter entre 10% et 11% la marge d’Altran d’ici à 2015, contre un peu plus de 7% espéré en 2011.
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