Alstom mise sur les pays émergents pour effacer le passage à vide de 2010
Les indicateurs repassent au vert pour Alstom. «Je pense qu’on est sorti de la période de basses eaux», a assuré Patrick Kron, PDG d’Alstom, lors de la présentation des résultats annuels, se félicitant du rebond des commandes au second semestre de l’exercice clos fin mars 2011 à 12,1 milliards d’euros, contre 7 milliards au premier semestre, soit une hausse de 28% sur l’année (+5% hors Grid, le pôle transmission d’Areva T&D, consolidé depuis juin 2010). Une performance permise notamment par les émergents, qui représentaient 60% des commandes de l’an dernier (dont près de la moitié pour les BRICs), contre seulement 35% l’exercice précédent. «Ce déplacement géographique de la demande ouvre une nouvelle phase» pour le groupe, explique Alstom, qui multiplie les partenariats dans les émergents.
Dans ce sillage, le spécialiste des infrastructures d’énergie et de transport attend une progression des commandes cette année par rapport aux 19,1 milliards d’euros enregistrés pour l’ensemble de l’exercice 2010/11. Pour autant, Patrick Kron espère, mais ne s’engage pas, sur un ratio book-to-bill (commandes sur chiffre d’affaires) supérieur à 1(contre 0,9 en 2010/11). Comme il attend une stabilité du chiffre d’affaires (20,9 milliards d’euros l’an dernier), il faudrait que les commandes progressent d’au-moins 10%... Du niveau des commandes dépendra également le cash flow libre qui est attendu positif fin mars 2012 (contre -516 millions en 2010/11).
Si la marge opérationnelle a reculé l’an dernier de 1,6 point à 7,5% (9% pour Power, 7,1% pour Transport, et 6% pour Grid), Alstom confirme sa fourchette de 7 à 8% pour 2011. Le consensus attend actuellement 7,3%. L’un de ses défis sera de redresser la marge de Grid, «en ligne avec le business plan, mais inférieure à celle de Siemens et d’ABB, constate Patrick Kron. Notre objectif est d’atteindre 8 à 12% à moyen terme». Si ces marchés ont rebondi en volume, du travail reste à faire sur les ventes, les coûts et le mix produit, reconnaît Alstom.
En revanche, douche froide pour les actionnaires qui verront leur dividende divisé par deux à 0,62 euro, alors que le résultat net a chuté de 62% à 462 millions d’euros, affecté par des charges non récurrentes, liées aux restructurations et au rachat de T&D, à hauteur de 550 millions d’euros après impôt. Les charges de restructuration devraient retomber à niveau «normatif» de 50 à 100 millions à l’avenir, estime Patrick Kron.
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