Alstom est poursuivi au Royaume-Uni pour corruption
Recentré sur l’activité transport après la cession annoncée de sa branche énergie à General Electric pour 12,35 milliards d’euros, Alstom doit maintenant faire face à des délits de corruption.
Après cinq années d’enquête, le Serious Fraud Office (SFO), l’agence britannique de la lutte contre la fraude, vient d’inculper deux filiales britanniques d’Alstom pour trois infractions de corruption et trois délits de complicité de corruption. Ces infractions auraient eu lieu entre juin 2000 et novembre 2006 et concernent de grands projets de transport en Inde, en Pologne et en Tunisie, précise le SFO. La première audience se tiendra à Londres le 9 septembre prochain.
Les deux sociétés en cause «vont continuer à travailler avec le SFO à une résolution juste et appropriée», s’est contenté de déclarer Alstom. Contacté par L’Agefi, le groupe français n’a pas voulu non plus préciser si des provisions avaient déjà été passées pour couvrir ce risque juridique. Fin mars 2013, le groupe avait provisionné seulement 39 millions d’euros pour risques et litiges.
L’agence britannique a ouvert cette enquête en 2009 après avoir reçu des informations du procureur général suisse. Les autorités helvétiques estimaient à l’époque qu’Alstom avait versé plus de 500 millions de francs suisses à des consultants entre 1998 et 2003. En 2010, trois membres du conseil d’administration d’Alstom au Royaume-Uni avaient été arrêtés pour présomption de corruption.
Cette affaire est loin d’être la seule qui pèse sur Alstom. Dans son rapport annuel le groupe précise faire l’objet d’enquêtes judiciaires «notamment» en France, aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et au Brésil, et par des institutions financières internationales «concernant des allégations de paiement illicites».
La semaine dernière un ancien cadre de la filiale américaine d’Alstom a plaidé coupable aux Etats-Unis dans une affaire de corruption en Indonésie pour remporter un contrat d’équipement de 118 millions de dollars. Le partenaire de ce contrat, le japonais Marubeni, a été condamné au printemps à une amende de 88 millions de dollars après avoir plaidé coupable. Selon Reuters, Alstom pourrait écoper d’une amende de plusieurs centaines de millions de dollars.
En 2008, Siemens avait durement pâti d’une amende de 800 millions de dollars à la justice américaine et de près de 400 millions d’euros à la justice allemande pour un scandale de pots-de-vin.
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