Alcoa devrait tirer parti d’une hausse de la demande mondiale d’aluminium

Le géant américain a publié sa première perte trimestrielle depuis trois ans. La Chine continue de dicter les fondamentaux du marché mondial
Benoît Menou

Deuxième plus mauvais élève de l’indice Dow Jones l’an passé, seul Bank of America faisant plus pâle figure (-44 et -58% respectivement), le titre Alcoa entame l’année 2012 sous de meilleurs auspices. Il a progressé hier soir après la séance officielle dans le sillage de la publication de résultats trimestriels et de perspectives rassurants. Comme traditionnellement, le géant américain de l’aluminium a ainsi ouvert le bal trimestriel des publications à Wall Street.

Alcoa a pourtant annoncé au titre du quatrième trimestre 2011 une première perte nette (de 191 millions de dollars contre un bénéfice de 258 millions fin 2010) depuis trois ans (depuis le deuxième trimestre 2009), sous le coup d’une nouvelle baisse du prix du métal et des efforts d’adaptation consentis. Hors coûts de restructuration, la perte nette passe de 18 à 3 cents par titre. Pour autant, le chiffre d’affaires trimestriel a progressé, de 6% à 5,99 milliards de dollars, et s’est révélé supérieur aux attentes.

Les perspectives du groupe et sa vision du marché ont bien retenu l’attention. Le PDG Klaus Kleinfeld a estimé hier que la demande mondiale en aluminium devrait progresser cette année de 7%, après une hausse de 11% en 2011. Elle pourrait doubler d’ici 2020. Surtout, associée à des réductions de production, cette hausse de la demande va engendrer un déséquilibre de l’offre et de la demande, cette dernière surpassant la première de quelque 600.000 tonnes sur l’année en cours, toujours selon le patron d’Alcoa, qui indique que cette estimation est «prudente». La demande du secteur aéronautique en particulier pourrait progresser de 10 à 11%.

La demande devrait pourtant rester morose en Europe, avec une stabilité attendue après une progression de 1% en 2011. Alcoa prévoit ainsi, dans le cadre de son plan visant à abaisser ses capacités mondiales de 12% dévoilé la semaine passée, de réduire ses capacités de production en Espagne et en Italie. Le site de Portovesme en Sardaigne sera à terme définitivement fermé. C’est bien la Chine, qui consomme plus de 45% de l’aluminium mondial, qui jouera à nouveau le rôle de locomotive planétaire, même avec une hausse estimée de sa demande en aluminium ramenée de 15 à 12%. Le pays sera responsable selon Klaus Kleinfeld d’un déficit de l’offre sur la demande de 850.000 tonnes en 2012. De quoi redonner des couleurs aux prix du métal, en repli de 18% l’an passé.

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