Airbus Group profite de l’exubérance du marché des convertibles
Si Adidas ou Siemens sont relativement habitués à ce type de produit, peu de groupes du CAC 40 de cette taille avaient jusqu’à présent sauté le pas des obligations convertibles. Airbus Group l’a fait vendredi en plaçant sa première obligation convertible dans des conditions extrêmement favorables, pour un montant nominal de 500 millions d’euros. Avec un coupon à 0% et compte tenu du prix d’émission des titres, le rendement est négatif à hauteur de 0,28%, pour une maturité à 7 ans. La prime d’émission a été fixée à 62,5%.
«Qu’un blue chip comme Airbus Group lance sa première obligation convertible démontre tous les avantages que peut offrir ce type de financement actuellement. Un tel couple rendement-prime d’émission n’avait jamais été obtenu par le passé», se félicite Bruno Magnouat, responsable equity linked à la Société Générale. La banque était coordinateur global de l’opération avec BNP Paribas et HSBC comme teneurs de livres associés.
A l’échelle d’Airbus Group, les 500 millions d’euros ne transformeront pas la structure de capital du groupe. En cas de conversion, les obligations aboutiront à une dilution de 0,6%. Mais c’est une façon pour le fabricant d’avions d’utiliser opportunément ce mode de financement, comme il peut le faire au jour le jour avec des billets de trésorerie ou sur le marché EMTN.
«Après cette émission, des corporates très bien notés comme Airbus Group vont s’interroger sur l’opportunité de se lancer eux aussi sur ce marché qui pourrait se révéler utile par la suite comme complément ou alternative au marché obligataire classique», est persuadé Jean-Baptiste Giros, managing director equity capital market à la Société Générale.
Le marché des convertibles profite depuis quelques mois d’une conjonction d’éléments favorables: des taux qui restent relativement bas, malgré la volatilité de ces derniers jours; des cours de Bourse proches de leurs plus hauts; et enfin des émissions trop peu nombreuses pour répondre à l’appétit de fonds convertibles qui ont fortement collecté ces deux dernières années. D’où des conditions de financement qui tournent au profit des émetteurs. Ingenico a placé en début de semaine dernière 500 millions d’euros d’Oceane, à coupon zéro, avec une prime d’émission de 55%.
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