Air France-KLM affirme ne pas avoir besoin d’augmenter son capital
Air France-KLM s’en tient à son plan «Transform 2015» censé faire fondre sa dette de 2 milliards d’euros d’ici à fin 2014, à 4,5 milliards d’euros. Jean-Cyril Spinetta, le PDG de la compagnie aérienne, a réaffirmé hier qu’une augmentation de capital n'était pas nécessaire.
Les 2,9 milliards d’euros de trésorerie à fin 2011 et les lignes de crédit de 1,85 milliard doivent permettre de faire la soudure jusqu’à ce que la compagnie génère de nouveau un cash-flow positif en 2013. Des chiffres auxquels s’ajoutent les 467 millions perçus de la cession début février d’une partie du capital d’Amadeus.
En signant en décembre 2011 un contrat de swap avec Natixis sur ses obligations convertibles émises en 2005, Air France-KLM a effacé quasiment en intégralité un remboursement potentiel de 650 millions d’euros prévu en avril 2012. Du coup, le montant à rembourser cette année s’élève à 1,1 milliard d’euros, tout comme en 2013. En 2014, il montera à 1,75 milliard d’euros, dont 750 millions de dette obligataire.
Si la dette restera stable fin 2012 à 6,5 milliards d’euros, la direction d’Air France-KLM estime avoir les moyens de mener le plan d’économies lancé en janvier. Le coût unitaire hors carburant de son offre doit être abaissé de l’ordre de 10% d’ici à 2014. Des négociations ont été engagées avec les syndicats pour réviser les conventions et accords régissant le groupe. La deuxième phase de ce plan doit aboutir fin juin, après l'élection présidentielle. Les investissements sont également contraints: de 1,2 milliard d’euros en 2011, ils tomberont à 700 millions en 2012, 600 millions en 2013 et seulement 300 millions en 2014.
La compagnie devra toutefois mieux gérer sa facture pétrolière si elle ne veut pas dévier de sa feuille de route. Air France-KLM a essuyé en 2011 une perte d’exploitation plus lourde que prévu à 353 millions d’euros, contre un bénéfice de 28 millions en 2010, sous le coup d’une augmentation de 904 millions de sa facture de carburant, malgré 870 millions d’euros d’effets positifs grâce aux couvertures. Cette année, sa charge pétrolière pourrait encore flamber de 1,1 milliard d’euros.
Or, face à la concurrence, et avec un trafic encore timide, le groupe ne peut pas répercuter cette surcharge sur le prix de ses billets. Au premier semestre 2012, la compagnie s’attend à une perte d’exploitation plus lourde que les 540 millions d’euros accusés en 2011.
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