Air Berlin lève 450 millions d’euros pour financer sa restructuration

La compagnie allemande, qui essuie une perte nette de 315,5 millions d’euros au titre de 2013, en appelle à Etihad, son premier actionnaire
Antoine Duroyon

Etihad sauve une nouvelle fois Air Berlin du crash financier. La compagnie aérienne émiratie, premier actionnaire du transporteur allemand, va contribuer au financement d’une «restructuration complète» de l’activité. Elle souscrit une émission d’obligations convertibles pour un montant de 300 millions d’euros, à des conditions particulières.

Les titres, qui portent un coupon de 8%, ne sont assortis d’aucune maturité et sont comptabilisés en tant que fonds propres. Etihad, qui a acquis 70% du programme de fidélité d’Air Berlin fin 2012, accorde par ailleurs un délai supplémentaire de cinq ans, jusqu’en 2021, pour le remboursement d’une facilité de crédit de 255 millions de dollars. Air Berlin complètera le financement en émettant pour au moins 150 millions d’euros d’obligations supplémentaires auprès d’autres investisseurs et proposera d'échanger des titres arrivant à échéance en 2014 et 2015 contre de nouvelles obligations expirant en 2019.

Cette recapitalisation ne bouleversera pas la structure actionnariale du groupe berlinois. Etihad détient aujourd’hui 29,2% de la compagnie allemande, devant la holding de la famille turque Sabanci (12,02%) et Hans-Joachim Knieps (5,48%). L’opération vise d’abord à lui redonner une marge de manœuvre. La compagnie affichait à fin 2013 un déficit de fonds propres de 186,1 millions d’euros. Le résultat d’une déroute prolongée sur le plan opérationnel ; la perte d’exploitation est passée de 70,2 millions d’euros en 2012 à 231,9 millions d’euros l’année suivante. Le chiffre d’affaires a chuté de 3,7% d’un exercice à l’autre, à 4,15 milliards d’euros.

Pour conduire la relance, Air Berlin a nommé Marco Ciomperlik, responsable de la maintenance, à un nouveau poste de directeur de la restructuration. Air Berlin a supprimé 600 postes l’an dernier sur un objectif de 900 d’ici la fin 2014. Lors d’une téléconférence avec les analystes, le directeur général Wolfgang Prock-Schauer a refusé de détailler les orientations stratégiques qui se préparent. «Il n’y aura pas de tabous, nous devons nous interroger sur tout ce que nous faisons», a-t-il prévenu.

Air Berlin a reporté à deux reprises la publication de ses résultats annuels afin de pouvoir finaliser son plan de financement.

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