ADP paye cher sa stratégie de développement à l’international
Aéroports de Paris met le cap sur les marchés émergents. Conseillé par JP Morgan, Hogan Lovells et Pekin & Pekin, le groupe a annoncé hier avoir pris une participation de 38% dans le premier opérateur turc d’aéroports TAV, qui gère notamment l’aéroport Atatürk d’Istanbul. Montant de l’opération : 874 millions de dollars (667 millions d’euros), soit 11,5 lires turques par action.
Un prix qui offre une prime de 35% par rapport au cours de clôture de TAV de vendredi. Il valorise le groupe turc à 2,3 milliards de dollars, soit 9 fois son excédent brut d’exploitation (Ebitda), selon Cheuvreux, contre une moyenne sectorielle de 7 fois. «Le groupe a payé une prime stratégique, mais TAV est l’un des gestionnaires d’aéroports les plus dynamiques au monde», juge le courtier. ADP devait aussi repousser la concurrence de Vinci, également en course pour racheter TAV à ses actionnaires privés historiques.
Selon des informations de presse, ADP aurait accepté de payer au moins 10% de plus que le prix proposé par Vinci. Avec 53% de prime par rapport au cours de clôture avant l’annonce de l’appel d’offres en 2011, et un multiple 50% supérieur à ceux d’ADP ou de l’allemand Fraport, le prix consenti par le groupe public français pour réaliser sa première acquisition d’envergure depuis son introduction en bourse en 2006, «peut paraître élevé», indique Aurel BGC. ADP bénéficiera de trois sièges sur les neuf que compte le conseil d’administration tout en le dispensant, selon le règlement des marchés financiers turcs, de lancer une offre obligatoire sur la totalité du capital.
TAV dispose d’un portefeuille d’aéroports en Turquie, en Géorgie, en Tunisie, en Macédoine, en Lituanie et en Arabie saoudite dont le trafic a connu une croissance moyenne de 15% entre 2002 et 2010, et devrait croître de 11% sur 2009-2023, selon le ministère des transports.
TAV a dégagé un chiffre d’affaires en hausse de 12% à 881 millions d’euros en 2011 et un Ebitda en hausse de 21% à 257 millions, avec une dette proche des 800 millions. ADP a indiqué viser «un retour d’investissement à deux chiffres» sur cette acquisition, qui s’inscrit dans sa stratégie globale consistant à se développer dans les grands aéroports internationaux situés dans les pays développés ou dans les quatre «Bric» de plus de 10 millions de passagers.
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