ADM met en œuvre en Europe sa promesse de croissance externe internationale
Archer Daniels Midland serait tout proche d’emporter la mise. Le géant américain de la transformation et du négoce de produits agricoles pourrait bien en effet selon Bloomberg, qui citait vendredi des sources proches des négociations, conclure prochainement le rachat de Wild Flavors, fabricant d’arômes allemand basé en Suisse dont le chiffre d’affaires s’est élevé à 838 millions d’euros en 2012.
La cible est détenue à 65% par le fils de son fondateur, Hans-Peter Wild, le solde de 35% se trouvant entre les mains de KKR, entré au capital en 2010.
La transaction, dont le montant approcherait 2,5 milliards d’euros selon Bloomberg, permettrait à ADM, qui concrétiserait au passage sa plus importante acquisition, de mettre à exécution sa promesse de croissance externe hors du territoire des Etats-Unis. Concédant en avril dernier que le groupe étant encore «sous-représenté dans le reste du monde», son responsable des opérations Juan Luciano avait indiqué qu’ADM envisage de consacrer plus de 60% de ses investissements en capital à l’international. L’acquisition de Wild Flavors assurerait en outre à ADM une plus grande diversification de son activité, aujourd’hui centrée sur la transformation des céréales tandis que sa cible privilégie les arômes naturels alimentaires. Disposant de sites de production en Europe, au Moyen-Orient en Asie et en Amérique, Wild Flavors a pour principaux concurrents directs l’allemand Symrise et le suisse Givaudan.
Les rumeurs de mise en vente de Wild Flavors ont fait surface il y a quelques mois. En mai, Reuters rapportait qu’ADM faisait partie des prétendants pour une opération alors estimée à 1,5 milliard d’euros. Le mois suivant, le Financial Times croyait savoir qu’ADM et le japonais Ajinomoto restaient seuls en lice, pour plus de 2 milliards (et contre une fourchette de 1,5 à 2 milliards visée initialement par les vendeurs). Le quotidien britannique soulignait de sources proches également que les deux prétendants industriels tenaient la corde après avoir distancé des offres émanant de sociétés de private equity comme celle du suédois EQT Partners.
En avril déjà, Symrise avait convenu du rachat de Diana auprès du fonds Ardian, une opération octroyant à la cible bretonne une valeur d’entreprise de 1,3 milliard d’euros. Ajinomoto conservait encore quoi qu’il en soit vendredi un espoir sur le dossier Wild Flavors selon Bloomberg, la décision finale n’ayant pas été prise.
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