ACS vise une simple majorité au capital de l’allemand Hochtief
Le leader du BTP espagnol ACS a lancé hier une OPA purement tactique sur l’allemand Hochtief d’un montant de 2,7 milliards d’euros, à travers un échange d’actions sans prime. Il détient déjà près de 30% de sa cible. Son président, le dirigeant du Real Madrid Florentino Perez, a précisé qu’il ne prétendait pas s’emparer de l’intégralité du capital de Hochtief. Il s’agit pour lui de franchir le seuil de 30%, qui impose une OPA en RFA, pour augmenter ensuite sa participation jusqu'à un peu plus de 50%. Ceci «ne se fera pas forcément» à travers l’OPA annoncée hier, selon son communiqué.
De fait, ACS propose huit de ses actions contre cinq de Hochtief, une estimation basée sur la moyenne des cotations des deux sociétés lors des trois derniers mois. Le groupe espagnol, dont la dette nette de 10,4 milliards d’euros à fin juin approche sa capitalisation (11,3 milliards), pourrait recourir à une augmentation de capital pour accroître sa participation. L’Espagnol est entré au capital de Hochtief en 2006 et a renforcé sa position jusqu'à près de 30% en 2008.
Spécialiste de la construction et de la concession autoroutière et aéroportuaires, l’allemand maintiendrait son siège à Essen et sa cotation à Francfort avec un «important» flottant, assure ACS. L’ensemble serait «le premier groupe d’infrastructures du monde occidental avec une solide présence sur tous les continents et une implantation unique dans les marchés émergents», d’après Florentino Perez, qui cherche ainsi à convaincre les actionnaires d’investir dans un groupe aussi lourdement endetté que le sien.
Le comité exécutif de Hochtief a pris note hier après-midi de ses intentions et y répondra «dès que possible».
Fortement centrée sur l’Europe occidentale et avec un marché domestique en récession, ACS guigne la plus grande diversification géographique de Hochtief, et notamment sa filiale (à 55%) australienne Leighton, porte d’entrée très rentable sur le marché asiatique, selon les analystes.
«L’opération diluerait les bénéfices par action d’ACS si tous les actionnaires de la société allemande l’acceptaient. Mais elle est stratégiquement bonne car elle lui permet de se positionner sur le marché européen à la plus forte croissance et indirectement en Australie, sans alourdir sa dette », estime Ramon Forcada, directeur de l’analyse de Bankinter.
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