Accor s’octroie une marge de manœuvre financière avec de la dette hybride

En plaçant 900 millions d’euros de dette perpétuelle, le groupe hôtelier conforte sa notation investment grade au moment où il renforce son pôle immobilier
Olivier Pinaud

La dette hybride poursuit sa percée chez les entreprises non financières. Après Veolia, Orange, EDF, Suez Environnement ou bien encore GDF Suez, Accor a placé lundi pour 900 millions d’euros de dette perpétuelle. Il s’agit de la première incursion du groupe hôtelier sur ce marché, plus traditionnellement fréquenté par des utilities. Mais la forte demande des investisseurs pour de la dette offrant un surplus de rendement l’a incité à franchir le pas.

Le carnet d’ordres s’est élevé à plus de 4,5 milliards d’euros, venant de 350 comptes différents. Résultat, le coupon final est ressorti à 4,125%, dans le bas de la fourchette proposée, avec un rendement global de 4,25%. La prime de subordination par rapport à une dette senior équivalente s’élève à 225 points de base (pb). Les titres portent une option de remboursement en juin 2020.

70% de la dette ont été achetés par des gérants d’actifs, 14% par des fonds de pension ou assureurs et 10% par des banques privées. Quasiment un tiers des acheteurs étaient français. Barclays, BNP Paribas, Citi, Santander et SG CIB étaient teneurs de livre actifs sur l’opération.

Ce financement permet à Accor de renforcer ses fonds propres à un moindre coût, le produit d’une émission de dette hybride pouvant être considéré comme du capital selon les normes IFRS. Et même si les agences de notation ne traitent la dette hybride comme des fonds propres qu’à hauteur de 50%, l’opération vient renforcer un peu plus la notation investment grade du groupe hôtelier, actuellement à BBB- chez S&P et Fitch avec une perspective stable. «La notation devrait être très clairement préservée mais aussi offrir des marges de manœuvre supplémentaire», indiquent les analystes actions de Natixis.

Les fonds levés pourraient ainsi servir à soutenir la stratégie de développement d’HotelInvest, la structure de gestion immobilière créée lors de l’arrivée de Sébastien Bazin à la tête d’Accor l’an dernier. Celle-ci a déjà acquis fin mai les murs de 97 hôtels pour 900 millions d’euros. «La poursuite de l’optimisation du portefeuille via des rachats d’actifs actuellement en location nous paraît naturelle», ajoute Natixis. Au total, les différents financements d’Accor lui donne une capacité d’investissement de l’ordre de 5 milliards d’euros, selon Natixis.

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