Wendel entrevoit le bout du tunnel dans son LBO sur Materis

Le refinancement bancaire du spécialiste des matériaux de construction, discuté aujourd’hui, succède à la cession de deux des quatre pôles du groupe
Alexandre Garabedian

Patiemment, Wendel dénoue les fils du LBO monté en 2006 sur Materis. Après avoir cédé ces derniers mois Kerneos et Parex, deux des quatre activités du groupe de matériaux de construction, la holding d’investissement cherche 585 millions d’euros de crédits pour refinancer la dette résiduelle de l’entreprise. BNP Paribas et HSBC, qui dirigent le processus, doivent rencontrer les prêteurs potentiels aujourd’hui à Londres.

Le rachat de Materis par effet de levier avait été monté avec l’aide de 1,9 milliard d’euros de dette. Une lourde charge qu’il a fallu renégocier à plusieurs reprises après la crise financière de 2007 et le retournement des marchés de la construction. Wendel a ensuite dû opter pour une vente par appartements. Il a bouclé en mars dernier la cession de Kerneos, l’activité aluminates, au fonds Astorg pour 610 millions d’euros, une somme affectée au désendettement de Materis, dont la dette est retombée à 1,34 milliard. Puis le groupe a vendu la division mortiers, Parex, à CVC Capital pour 880 millions d’euros. Les deux transactions ont été refinancées sur le marché de la dette high yield.

Les produits de cession ont permis de rembourser en priorité la dette senior attachée à la holding Materis. Reste à remplacer les dettes juniors (second lien, mezzanine), plus coûteuses. De sources bancaires, Wendel prévoit de loger les nouveaux emprunts bancaires au niveau des sociétés opérationnelles. La division peinture, Materis Paints, cherche un crédit syndiqué de 300 millions d’euros à 7 ans, ainsi qu’une ligne renouvelable de 80 millions à 6 ans. Pour les adjuvants de Materis Chryso, la structure est la même, à raison de 165 millions et 40 millions d’euros respectivement. Sans être «covenant-lite», la documentation des prêts prévoirait des clauses allégées avec seulement deux ratios à respecter, le levier (dette sur Ebitda) et la couverture des frais financiers.

Wendel ne fait aucun commentaire. La holding n’aurait pas à ce stade injecté de fonds propres dans Materis, comme l’indiquait Reuters le 15 juillet, mais cette option reste ouverte, selon des sources financières. Le refinancement bancaire pourrait aussi faciliter la cession des deux dernières activités de Materis. Le groupe aurait discuté ces dernières semaines de la vente de Chryso à un groupe industriel américain, indiquent plusieurs sources financières à L’Agefi. «Des rumeurs» que Wendel ne souhaitait pas non plus commenter hier.

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