Veolia s’est engagé mardi à déposer une offre publique d’achat (OPA) de 18 euros par action, coupon attaché, sur l’ensemble du capital de Suez dès que le conseil d’administration de son rival aura approuvé ce projet d’acquisition et désactivé le mécanisme protégeant son activité Eau en France. Veolia prévoyait auparavant de lancer son OPA une fois l’accord des autorités de la concurrence européennes, feu vert éventuel qui ne devrait pas intervenir avant 12 à 18 mois. Le groupe se dit donc désormais prêt à aller encore plus vite. Une façon de mettre la pression sur le conseil d’administration de Suez.
Ce nouveau dispositif « revient à accélérer le calendrier de dépôt du projet d’offre publique, qui devient concomitant à la conclusion d’un accord avec le conseil d’administration de Suez », a indiqué Veolia.
Le groupe déposera ce projet d’OPA dès lors qu’un accord sur un rapprochement aura été conclu entre Suez et Veolia, « confirmant l’accueil favorable du projet d’offre par le conseil d’administration et la désactivation effective du dispositif d’inaliénabilité de Suez Eau France et de ses filiales et actifs », a développé la société.
Cet accord devra également comprendre « un engagement de gérer le groupe Suez SA dans le cours ordinaire des affaires, sans cession d’actifs autres que ceux nécessaires aux fins de l’obtention des autorisations réglementaires », a ajouté le groupe.
Pour renforcer sa pression, Veolia se dit prêt à engager une action judiciaire contre la fondation néerlandaise dans laquelle a été logée la division Suez eau France. « Nous allons répliquer sur le terrain judiciaire, en demandant l’annulation de l’entité néerlandaise », a indiqué Antoine Frérot, le PDG de Veolia, lors d’une vidéo-conférence.
2 milliards d’euros maximum d’augmentation de capital
Concernant le financement, le projet d’OPA a été sécurisé par un crédit relais de 8 milliards d’euros. Une fois que les cessions demandées par les autorités de la concurrence auront été réalisées, Veolia aura besoin de refinancer entre 3 et 4 milliards d’euros. « C’est tout à fait acceptable », a indiqué le directeur financier Claude Laruelle, en précisant que le montant de l’augmentation envisagée ne dépasserait pas 20% du capital de Suez, soit environ 2 milliards d’euros.
Veolia a consacré les semaines écoulées à essayer de renouer le dialogue avec le président et les membres du conseil d’administration de Suez mais « la réponse systématique de Suez a pour l’instant consisté à opposer à ces démarches une fin de non-recevoir », a affirmé Antoine Frérot.
Ce refus n’a pas empêché le groupe d’engager des discussions avec avec les autorités de la concurrence, et Veolia prévoit de déposer courant novembre les pré-notifications nécessaires à son projet d’OPA.
« L’OPA sur Suez se fera quoiqu’il arrive, et au plus tard après la prochaine assemblée générale [de Suez, ndlr]. Le train est parti à l’heure, il est lancé et il ne s’arrêtera pas », a lancé Antoine Frérot.
La banque italienne détient désormais directement et indirectement près de 39% du capital de sa concurrente allemande dont les dirigeants viennent officiellement de rejeter l’offre d’achat.
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