UniCredit va utiliser l’arme de la titrisation pour son refinancement
UniCredit envisage une titrisation record. Le conseil d’administration de la banque italienne s’est penché hier sur les options de la banque dans ce domaine. Le directeur général Federico Ghizzoni a confirmé que son groupe songe à émettre jusqu'à 14 milliards d’euros d’obligations adossées à son portefeuille de prêts, pour les apporter en garantie au refinancement de la BCE.
Le quotidien romain Il Messagero estimait hier qu’une telle opération permettrait aussi à UniCredit de faire passer son ratio de solvabilité core tier one de 9,06% à 9,20%. La banque italienne affichait à fin mars des actifs pondérés par le risque de 444 milliards d’euros. Alors que le résultat des tests de résistance des banques européennes est désormais attendu le 13 juillet, UniCredit n’a toujours pas lancé d’augmentation de capital depuis le début de la crise. La plupart des analystes estiment pourtant que le groupe devra lever entre 4 et 8 milliards d’euros s’il veut afficher le même niveau de capitalisation que ses concurrents, et notamment Intesa Sanpalo, qui a fixé la barre au-delà des exigences du régulateur. La banque attend en outre de connaître le sort qui lui sera réservé au titre des institutions financières systémiques (SIFI), auxquelles s’appliquera une surcharge en capital différenciée selon les catégories.
Mais l’intérêt principal reste celui de la liquidité. UniCredit, qui a placé début juin un covered bond à 7 ans, a déjà réalisé plus de 60% de son programme de financement à moyen et long terme.
En privilégiant l’option BCE, la banque ne semble pas en revanche parier sur une embellie durable du marché. Celle-ci, qui se manifeste depuis deux mois par un nombre croissant d’opérations placées et plus seulement retenues au bilan des émetteurs, a d’ailleurs alimenté les débats lors de la conférence annuelle Global ABS organisée la semaine dernière à Bruxelles. La reprise reste fragile, en raison d’un cadre réglementaire toujours défavorable et de la concurrence des obligations sécurisées. «L’incertitude réglementaire et le traitement inéquitable des classes d’actifs concurrentes empêchent certains investisseurs de se réengager dans la titrisation, bien que de nombreux intervenants aux conférences aient souligné que les régulateurs acceptent les ABS comme un outil de financement de l’économie», note Reto Bachmann, analyste en charge du secteur chez Barclays Capital.
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