Une vague de renégociations des crédits immobiliers semble improbable
Le temps est idéal pour renégocier son crédit immobilier. Les taux moyens se sont établis en juin 2019 à 1,25%, soit un niveau quatre fois et demi moindre qu’au début des années 2000. «Si les taux des crédits immobiliers sont descendus aussi bas, c’est essentiellement en raison de conditions de financement et de refinancement de la production de crédits particulièrement favorables : l’abondance de liquidités et de ressources d’épargne bon marché, ainsi que l’impact de la politique monétaire suivie par la BCE explique cela», indique une étude de l’Observatoire Crédit Logement CSA.
Aussi, les ménages ayant emprunté à des taux plus importants devraient être incités à renégocier leur crédit immobilier pour profiter de l’écart des taux, comme en 2016-2017. Un risque pour les marges des banques françaises. Dans son étude crédits aux particuliers de mai 2019, la Banque de France souligne que la production a augmenté de 6,2% en mai 2019 mais que 17,8% de cette hausse s’explique par la renégociation de prêts immobiliers. «On voit une nouvelle vague de renégociations qui a débuté timidement en mars et qui s’est fortement accélérée depuis le mois de juin. Les renégociations représentent désormais un tiers des visites sur le site», commente Maël Bernier, directrice de la communication et porte-parole de Meilleurtaux.com. Elle explique : «Il y a trois règles pour la renégociation : le capital revendu doit atteindre au moins 70.000 euros, il faut être dans le premier tiers du prêt et avoir un écart de taux d’un point entre le taux qu’on a sur le crédit et le taux pratiqué sur la même durée aujourd’hui». «On s’attend à ce que les demandes aillent bon train jusqu’à la fin de l’automne», conclut-elle.
Les analystes d’UBS ne sont pas de cet avis. «Une nouvelle vague de refinancement n’est pas en route, nous ne pensons pas que les conditions, pour que cela se produise soient remplies aujourd’hui», tranche la banque suisse. La maturité résiduelle des prêts ne serait pas suffisante et «le taux sur le nouveau prêt devrait être de -100 points de base par rapport au taux de l’ancien emprunt» afin de justifier le paiement des frais engendrés par un refinancement et le gain financier pour l’emprunteur. Or, «en mai, cette différence de taux s’élevait seulement à 60 points de base», selon UBS. Un constat que font aussi, en privé, des banquiers français.
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