BPCE mise sur le crédit immobilier entièrement digitalisé
Après l’annonce d’un crédit digitalisé pour les collectivités territoriales, BPCE s’attaque au crédit immobilier entièrement numérique pour les particuliers. La Caisse d’Epargne de Bourgogne Franche-Comté, qui compte 900.000 clients, propose ce dispositif en tant que banque pilote depuis avril, avant un déploiement dans l’ensemble du réseau prévu d’ici à fin 2020. «Nous avons procédé par étapes. La signature électronique a d’abord été mise en place, puis les questionnaires de santé dématérialisés en lien avec les assureurs il y a quelques mois», explique Cédric Mignon, membre du directoire de la Caisse d’Epargne de Bourgogne Franche-Comté. Les clients peuvent désormais accéder à des simulations de crédit immobilier sur mobile et sur le web, créer un dossier en ligne et ajouter leurs justificatifs numérisés, reconnus par une intelligence artificielle. La signature électronique et des échanges digitalisés avec les partenaires en assurance emprunteur complètent le processus.
Déjà 40 dossiers traités, à hauteur de 5 millions d’euros
«Nous pensons pouvoir diviser par deux le temps de traitement d’un crédit immobilier du point de vue du client», détaille Cédric Mignon. «Alors que le processus traditionnel prend en moyenne entre 60 à 90 jours, notre objectif est qu’un dossier soit bouclé en moins de deux mois», ajoute-t-il. A ce jour, la Caisse d’Epargne de Bourgogne Franche-Comté a traité 40 dossiers de crédit immobilier digitalisé, à hauteur de 5 millions d’euros. «C’est un canal de distribution supplémentaire. Nous souhaitons que 10% de notre production de crédits immobiliers soit issue du digital d’ici à 2020», précise le dirigeant, sachant que la banque produit 10.000 crédits immobiliers par an.
Pour ce faire, la Caisse d’Epargne de Bourgogne Franche-Comté entend amplifier la communication autour de cette offre. «Pour l’instant, sans aucune publicité, nous avons déjà 395 ‘leads’ [contacts qualifiés] par mois. En 2019, 30% du budget communication sera consacré aux supports digitaux», note Cédric Mignon. Au niveau du groupe, qui refuse de communiquer le coût du dispositif, les ambitions demeurent floues. «Nous n’avons pas d’objectif d’utilisation chiffré au niveau national car nous laissons le choix au client de procéder comme il veut, soit en agence, soit en ligne», déclare Nicolas Balerna, le directeur du marché des particuliers Caisse d’Epargne. Les notaires devraient rejoindre le mouvement d’ici à deux mois.
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