«Une intervention de la BPI en concurrence avec les fonds ne serait pas justifiable»
- L’Agefi: Quel regard portez-vous sur le pacte de compétitivité ?
- Louis Godron: Les grands principes évoqués vont dans le bon sens, mais sont insuffisants. Permettre aux entreprises de réaliser des économies comptables dès 2013 est pertinent, mais le reste du plan est assez flou, notamment concernant le problème, réel et crucial, de financement des entreprises. Nous attendons les conclusions du rapport Berger-Lefebvre, sur lequel les consultations commencent.
- Les derniers arbitrages sur les FIP et FCPI vous satisfont-ils ?
- Alors que le projet de loi de finances intégrait le soutien fiscal à l’investissement dans les PME, au travers des FIP et des FCPI dans le plafonnement général de 10.000 euros, un amendement de la commission des finances prévoit un retour à la situation initiale, à savoir un plafond dédié de 18.000 euros et 4% du revenu imposable. Cela permettrait de redonner des perspectives aux réseaux de distribution qui envisageaient d’abandonner ces produits. L’extension jusqu’à 2016 du dispositif serait bien sûr positive, même si elle devrait s’accompagner d’une modernisation, avec notamment un rallongement des périodes d’investissement à 36 mois. Le délai actuel de deux fois 8 mois conduit en effet à soutenir les entreprises les plus établies et délaisser celles en phase de création.
- Quelle est la situation du capital développement en France ?
- En dépit d’un cruel manque de capitaux en amont de la chaine du capital investissement dans son ensemble, 1.500 entreprises sont accompagnées chaque année en France, soit bien plus que dans tout autre pays européen. Plus de la moitié sont soutenues par le capital développement qui est une tradition française bien implantée, avec de très bonnes équipes en régions, pouvant irriguer les PME. Cela nuance la nécessité de recréer une structure d’organisations régionales dans le cadre de la BPI. On peut d’ailleurs s’interroger sur son futur rôle. Sur les participations directes, son intervention sur des dossiers en concurrence frontale avec les fonds ne serait pas justifiable. Son rôle est de participer, comme le fait Oséo, à des tours de table insuffisants ou d’intervenir sur des dossiers ou secteurs jugés difficiles, à l’image de l’automobile.
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