Une filiale de la BEI pourrait aider au développement en Méditerranée
Mauvaise coordination entre différents bailleurs de fonds, manque d’appropriation par les pays du Sud, soutien insuffisant du secteur privé: le constat de Charles Milhaud, ancien président du directoire des Caisses d’Epargne, est sans appel. Chargé le 17 décembre dernier par Nicolas Sarkozy, «d’étudier la possibilité de créer une banque dédiée au financement du codéveloppement en Méditerranée», il vient d’en préciser les pistes dans un rapport de 150 pages.
La commission considère que la création d’une institution de codéveloppement euro-méditerranéenne à travers la filialisation des activités méditerranéennes de la BEI, la Femip, est le scénario à privilégier. La création d’une entité ex-nihilo a été écartée, car elle aurait supposé une mise de fonds trop importante pour les Etats participants.
Tout l’enjeu est de doter cette banque de fonds propres suffisants pour décrocher une notation AAA et couvrir les besoins d’investissements, sans trop peser sur les finances de ses promoteurs. La Femip, filialisée, servirait donc de socle, mais ne reprendrait pas ses encours existants. La BEI devrait être l’actionnaire de référence de cette nouvelle institution, «avec une participation de l’ordre de 35 à 50%» qui pourrait être complétée par d’autres institutions publiques (Caisse des dépôts, KfW, par exemple), ce qui garantirait «un niveau de capital noté AAA».
«Le capital souscrit total devrait être compris entre 10 et 15 milliards d’euros, pour assurer un volume d’engagements annuels autour de 2 milliards d’euros sans recourir ultérieurement à une augmentation de capital», souligne la commission Milhaud dans une note de synthèse. Les actionnaires n’auraient cependant pas à mobiliser une telle somme. «Avec une hypothèse de taux de capital libéré de 40% pour garantir la notation AAA, indispensable pour assurer sa capacité financière et donc son efficacité sur le terrain, la contribution des actionnaires serait comprise entre 4 et 6 milliards, dont 35 à 50% seraient à la charge de la BEI», poursuit le rapporteur.
En 2009, les financements extérieurs publics de toute nature en faveur des pays du Sud et de l’Est de la Méditerranée se sont élevés à environ 20 milliards d’euros. L’Union européenne est le premier intervenant dans la région avec 2 milliards d’aides du budget communautaire et 5 milliards de financement de la BEI.
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