Un rachat de Deutsche Börse par le CME signerait la défaite de Bruxelles
Les démentis n’ont pas suffi. L’action Deutsche Börse a fini en hausse de 5,36% hier à 49,05 euros après avoir gagné plus de 12% en séance, à la suite d’une dépêche Bloomberg évoquant une approche du Chicago Mercantile Exchange (CME). «Deutsche Börse n’est pas en négociations pour une fusion avec CME Group», a indiqué la Bourse allemande. Les dirigeants des deux groupes se seraient rencontrés à deux reprises pour évoquer le sujet, mais sans ouvrir de négociations formelles.
Le CME aurait approché l’opérateur allemand fin 2012, mais avant l’annonce le 20 décembre d’un autre projet de rachat, celui de Nyse Euronext par ICE. Difficile cependant de ne pas mettre les deux mouvements en perspective. La Bourse de Chicago était la seule à avoir les moyens financiers de renchérir sur la proposition d’IntercontinentalExchange. Son cours s’est apprécié de plus de 15% depuis le début de l’année pour lui donner une capitalisation boursière de 19,5 milliards de dollars (14,7 milliards d’euros), alors que Nyse Euronext et Deutsche Börse valent respectivement 9 milliards de dollars et 9,4 milliards d’euros.
Une fusion transatlantique entre le CME et son homologue allemand associerait les deux plus grandes Bourses de futures de part et d’autre de l’Atlantique. Le groupe américain a fait de l’Europe l’une de ses priorités en tentant vainement de racheter le London Metal Exchange l’an dernier, et en lançant une plate-forme de produits dérivés à Londres. C’est d’ailleurs l’une des raisons qui rendaient les promoteurs du mariage ICE/Nyse confiants sur l’absence de risque d’une contre-offre. Un rachat du Liffe, la filiale de Nyse Euronext à Londres, aurait pu poser des problèmes aux autorités antitrust européennes, qui ont bloqué il y a un an pour les mêmes raisons le mariage Deutsche Börse/Nyse.
La Bourse allemande serait réticente à donner suite aux avances de son concurrent américain, du fait de ces échecs. Bloquée dans ses projets avec Nyse Euronext début 2012, elle a aussi vainement tenté par le passé de se rapprocher du London Stock Exchange.
Si d’aventure les discussions avec le CME devaient aboutir, les services de la concurrence de Joaquin Almunia à Bruxelles auraient cependant matière à faire leur examen de conscience. Un an après le veto au mariage de Nyse Euronext et de Deutsche Börse, les deux grands marchés boursiers de la zone euro seraient alors passés sous pavillon américain.
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