UBS innove avec une nouvelle émission de titres hybrides
Depuis plusieurs jours, la transaction fait parler d’elle sur les marchés (L’Agefi Quotidien du 8 février). UBS devrait émettre dès cette semaine des titres hybrides répondant aux nouveaux critères fixés par les règles de solvabilité Bâle 3. Epaulée par BNP Paribas, Commerzbank, Deutsche Bank et la Société Générale, la banque suisse pourrait lever jusqu’à un milliard de dollars de titres à 10 ans. Les premières rumeurs de marché évoquent un rendement de 7,5%.
Les instruments sont dits «contingents», avec une option de rachat anticipé au bout de 5 ans. Si le ratio de solvabilité core tier one de la banque passe sous les 5% ou si elle reçoit une aide d’Etat, le nominal des obligations sera effacé sans espoir de retour à meilleure fortune. Cette caractéristique leur permettra d’être considérés comme Tier 2 et d’être pris en compte par le régulateur suisse dans le ratio de 19% qu’il a imposé à UBS et Credit Suisse. Sur ces 19%, 9 points peuvent être constitués par des instruments de dette absorbant les pertes en cas de baisse de la solvabilité: 6 points avec un seuil de déclenchement élevé (high trigger, à 7%) et 3 points avec un seuil plus bas (low trigger, à 5%).
Même s’ils leur ressemblent, les titres d’UBS ne sont donc pas des «CoCos», des obligations qui sont, elles, converties en actions lorsque le seuil est franchi à la baisse. Le groupe suit ainsi une stratégie opposée à celle de son grand concurrent suisse, en choisissant un instrument non-dilutif, et «low trigger». Credit Suisse avait émis l’an dernier 2 milliards de dollars de CoCos convertibles en actions si son ratio Bâle 3 passe sous 7%. UBS a déjà indiqué par le passé qu’il n’émettrait pas ce type d’instruments.
Les deux approches, qui pourraient inspirer d’autres banques, ont leurs partisans et leurs détracteurs.«Cette transaction est plus simple qu’un CoCo. Elle a l’avantage de ne pas entraîner une spirale négative sur le prix de l’action par crainte d’une dilution à venir lorsque le core tier one s’approche des 5%», approuve Prateek Datta, à la recherche crédit de RBS. En revanche, pour Mark Harmer, analyste chez ING, «un instrument tier 2 comme celui d’UBS avec une clause de dépréciation permanente nous paraît être plus faible aux yeux des investisseurs qu’une convertible ‘high trigger’, qui offre un potentiel d’appréciation résiduel sur l’action si la banque continue ses activités».
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