Theresa May aborde une semaine cruciale
A un peu plus de deux semaines de la date effective du Brexit, l’étau se resserre autour de la Première ministre britannique. Demain soir, les députés devront à nouveau s’exprimer sur l’accord de retrait (Withdrawal agreement) du Royaume-Uni de l’Union européenne, texte qu’ils avaient rejeté massivement le 15 janvier par 432 voix contre 202. Sauf coup de théâtre, ce deuxième vote devrait aboutir à un nouvel échec. Motif : la question du backstop irlandais, ce filet de sécurité très controversé dans l’accord de divorce, toujours non résolue ce week-end. En fin de semaine dernière, l’offre du négociateur en chef de l’UE pour le Brexit, Michel Barnier, de pouvoir revenir à une version précédente du backstop a été vivement critiquée par Londres.
« La marge de défaite constituera un facteur important lors du vote du 12 mars » explique Anand Menon, directeur du think tank UK in a Changing Europe, « une défaite significative (ndlr: plus de 75 votes) pourrait déclencher un vote de défiance de la part du parti travailliste ». La presse dominicale britannique donnait hier un avant-goût de l’humeur des parlementaires avant le vote décisif. Selon le Times et le Mail, certains conservateurs eurosceptiques auraient conditionné leur soutien à l’accord de retrait à une promesse de démission de la Première ministre britannique.
Dans une tribune commune publiée dans le Sunday Telegraph, Nigel Dodds, le numéro deux du DUP, le parti unioniste irlandais, et le conservateur eurosceptique Steve Baker donnaient aussi le ton : « un accord de retrait inchangé sera fermement rejeté par une proportion significative de Conservateurs et de membres du DUP » s’il est à nouveau présenté devant la Chambre des Communes. Les deux leaders ont ajouté que la Grande-Bretagne devait quitter l’UE le 29 mars, avec ou sans accord. En cas de nouveau rejet de l’accord demain, les parlementaires devront se prononcer le 13 mars sur la possibilité d’un Brexit sans accord, qui, de toute évidence, sera aussi rejeté. Jeudi, les députés britanniques se verront proposer la possibilité d’étendre de façon limitée la date du Brexit.
Reste maintenant à savoir si Theresa May peut encore parvenir à gagner quelques concessions de dernière minute. Les spéculations allaient bon train hier sur la probabilité d’un déplacement de la Première ministre britannique à Bruxelles aujourd’hui.
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