Le rejet massif de l’accord sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne plonge le pays dans une incertitude des plus totales.
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Stéphanie Salti, à Londres
La Chambre des communes a massivement rejeté l'accord passé entre Theresa May et l’UE.
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Le scénario du pire s’est matérialisé. Hier soir, la Chambre des communes britannique a rejeté massivement par 432 voix l’accord sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Seuls 202 députés ont voté pour. Cet écart de 230 voix marque la plus grosse défaite infligée à un gouvernement britannique au cours de ces cent dernières années. Peu après l’annonce des résultats, Theresa May a reconnu l'échec : «le Parlement a parlé, le gouvernement écoutera», a-t-elle déclaré à la Chambre des communes. La Première ministre avait écarté dans l’après-midi toute intention de démissionner en cas de vote négatif. Elle devra désormais présenter d’ici au 21 janvier un nouveau plan de sortie et devrait très rapidement se rendre à Bruxelles pour tenter d’arracher quelques aménagements de dernière minute. Du côté européen, les réactions soufflaient le chaud et le froid : «si un accord est impossible et que personne ne veut de “no deal”, qui aura finalement le courage de dire quelle est la solution positive ?», résumait hier soir Donald Tusk, président du Conseil européen. De son côté, Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, estimait que le risque d’un Brexit désordonné venait de s’accroître et appelait le Royaume-Uni à «clarifier ses intentions dès que possible».
La riposte de Jeremy Corbyn ne s’est pas fait attendre. Immédiatement après le résultat du vote, le leader du parti travailliste a annoncé le dépôt d’une motion de censure, qui sera débattue aujourd’hui à la Chambre des communes et votée dans la soirée. Les chances de succès restent cependant minces : le parti unioniste irlandais, le DUP, ainsi que les Brexiters du groupe European Research Group (ERG), présidé par Jacob Rees-Mogg, ont d’ores et déjà fait savoir qu’ils soutiendraient le gouvernement de Theresa May.
Le parti travailliste n’a pas non plus exclu l’option d’un second référendum si le pays ne se dirigeait pas vers des élections générales : «l’appel à une nouvelle élection par Jeremy Corbyn risque d’être mal vue par les marchés en raison de l’instabilité que cela suppose», explique James Hassett, managing director trading macro auprès de Barclays, «en revanche, l’annonce d’un nouveau référendum pourrait être positive pour la livre dans un premier temps. Mais à mesure que la campagne s’organise, la devise pourrait alors évoluer dans un sens comme dans l’autre». Dans l’intervalle, le sterling reprenait hier soir des couleurs après le vote : face à la monnaie américaine, la livre valait 1,2787 dollar contre 1,2704 juste avant le résultat du vote et 1,2864 lundi à la clôture.
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