Spotify se lance en Bourse par cotation directe à New York
Spotify devra convaincre les investisseurs du bien-fondé de la méthode de cotation directe choisie pour son introduction en Bourse (IPO) à New York. Créé en 2008, le groupe suédois de musique en streaming a lancé hier soir la première étape de son IPO très attendue, en remettant à la Securities and Exchange Commission (SEC) un document de 264 pages contenant des années de données financières.
Cette opération par cotation directe, qui permettra à ses actionnaires fondateurs et aux salariés de vendre pour environ un milliard de dollars (820 millions d’euros) de titres, ne donnera pas lieu à l’émission d’actions nouvelles et le prix d’IPO sera déterminé par le marché sans recours à une banque d’affaires. Selon les délais habituellement impartis, Spotify pourrait commencer à être coté sur le New York Stock Exchange dès la semaine du 26 mars.
Le niveau de sa valorisation boursière reste la principale inconnue. Sur la base des tours de table privés réalisés au cours des derniers mois, le groupe pourrait être valorisé entre 16 et 23 milliards de dollars. Les trois grands labels mondiaux Universal Music, filiale de Vivendi, Sony Music Entertainment et Warner Music Group (Access Industries) ont déjà reçu des parts dans le capital de Spotify, en contrepartie de la licence de leurs catalogues. «Si cette cotation est un succès, d’autres sociétés comme Airbnb ou Uber pourraient en faire autant», estime Santosh Rao, directeur de la recherche chez Manhattan Venture Partners.
Dans son prospectus boursier, le groupe revendique quelque 159 millions d’utilisateurs par mois. Le nombre d’abonnés à son service premium a progressé de 46% l’an dernier pour atteindre 71 millions de personnes. A titre de comparaison, Apple Music, son plus proche concurrent né en 2015, compte 36 millions d’abonnés payants. Spotify dit ainsi contrôler 42% du marché mondial de la musique en streaming. «Avec notre service, qui inclut de la publicité, nous pensons qu’il y a une grande opportunité d’accroître le nombre de nos abonnés et de gagner des parts de marché sur les radios», a déclaré Spotify.
Son chiffre d’affaires a certes augmenté de 38,6% à 4,1 milliards d’euros sur l’ensemble de l’exercice 2017, mais sa perte nette s’est creusée à 1,24 milliard, contre un résultat négatif de 539 millions d’euros un an plus tôt, en raison principalement du montant des redevances payées aux détenteurs des droits musicaux. Son revenu moyen par abonné tend en outre à se tasser à cause des remises accordées pour attirer de nouveaux clients payants.
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