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Sommes-nous dans une bulle de l’IA ?
Portées par l’engouement pour l’intelligence artificielle (IA), les huit plus grandes entreprises américaines, toutes issues du secteur technologique, représentent 39% de la valeur du marché boursier américain. Du jamais-vu. Ces entreprises valent plus que les marchés boursiers du Royaume-Uni, de la Chine, du Japon, de l’Allemagne et de la France réunis. Et ce n’est pas qu’un phénomène de marchés financiers. Selon JPMorgan, les dépenses consacrées aux infrastructures d’IA ont représenté plus de la moitié de la croissance du PIB américain au premier semestre 2025. D’où cette question : sommes-nous dans une bulle comme celles des chemins de fer à la fin du 19e siècle ou des télécoms et d’internet (dot com) à la fin des années 90 ?
Un certain nombre de caractéristiques d’une bulle productive, à savoir une hausse des prix des actifs en anticipation de profits futurs et d’investissements massifs, sont visibles : le Nasdaq 100 se négocie à un multiple cours sur bénéfices de 37 fois, contre 27 à la fin de 2022. Mais il est également clair que, du fait de liquidités abondantes, de nombreux autres actifs, tels que l’or et les actions émergentes, affichent également de solides performances.
Des valorisations moins élevées en Asie
De nombreuses raisons permettent de penser que nous sommes aujourd’hui dans une meilleure position que lors de la bulle des “dot com”. Les géants technologiques d’aujourd’hui sont en meilleure santé que les stars du début d’internet. Le rendement du flux de trésorerie disponible médian des grandes capitalisations américaines est presque trois fois supérieur à son niveau de 2000.
Si les services d’IA génèrent des bénéfices significatifs au cours des deux prochaines années, la demande en puces et infrastructures d’IA pourrait continuer à dépasser l’offre et justifier des investissements supplémentaires, entraînant une nouvelle hausse du secteur technologique.
Mais si la rentabilité n’est pas atteinte avant plusieurs années, nous pourrions assister à une montée des inquiétudes et à une volatilité accrue des marchés. Dans ce contexte, il nous semble opportun de s'éloigner de la domination des grandes capitalisations américaines au profit de l’Asie et des marchés émergents, où les valorisations sont moins élevées et les perspectives de croissance s’améliorent. Et si nous restons légèrement surpondérés dans le secteur technologique, là aussi, la Chine réserve des opportunités de croissance attrayantes à des valorisations plus faibles.
Le Nasdaq 100 se négocie à des multiples élevés
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