Sberbank est le porte-drapeau des ambitions internationales du Kremlin

La première banque russe devrait lancer d’ici à la fin de l’année un fonds diversifié d’un milliard de dollar, en partenariat avec Credit Suisse
Patrick Aussannaire
Le siège de Sberbank, photo: Andrey Rudakov/Bloomberg
Le siège de Sberbank, photo: Andrey Rudakov/Bloomberg  - 

Sberbank porte haut l’étendard des nouvelles ambitions russes. La plus importante banque du pays envisagerait de créer, en partenariat avec Credit Suisse, un fonds de capital-investissement d’environ un milliard de dollars, soit 700 millions d’euros, selon son directeur général, German Gref. Les deux banques contribueront chacune à hauteur de 100 millions de dollars au nouveau fonds qui devrait être lancé d’ici la fin de l’année. La stratégie du fonds reposera sur «une diversification maximale» des actifs, selon German Gref.

Si Credit Suisse utilisera son ouverture internationale pour gérer le processus de levée de fonds auprès des investisseurs ainsi que les risques d’investissement, Sberbank, basée à Moscou, devrait s’occuper de la sélection des actifs locaux, sur un marché porteur. Le fonds d’investissement américain Van Eck Global a d’ailleurs lancé un fonds ETF investis dans les «small caps» russes. Le marché des ETF russes a réuni 2,4 milliards de dollars sur les trois premiers mois de l’année, soit 500 millions de plus que sur l’ensemble de l’année 2010, selon des données publiées par BlackRock. Dans le même temps, les ETF investis dans les économies émergentes ont encaissé des retraits de fonds de 9,6 milliards.

La création du fonds commun avec Credit Suisse est «un moyen important d’attirer de nouveaux capitaux en Russie» a précisé German Gref. En contrepartie d’une stratégie influencée par les ambitions du Kremlin, Sberbank cherche à s’émanciper du contrôle étatique, avec la mise sur le marché de 7,6% du capital du groupe qui pourrait rapporter plus de 5 milliards de dollars. Même si German Gref précise que «nous serons très attentifs à ne pas dégrader notre valeur de marché».

Moscou compte en effet attirer entre 60 et 90 milliards de dollars d’investissements étrangers dans les cinq prochaines années, grâce au lancement d’un fonds soutenu par l’Etat. Et le président Dmitri Medvedev de s’entourer de banquiers internationaux tels que le directeur général de Goldman, Lloyd Blankfein, ou le fondateur de Blackstone, Steve Schwarzman pour l’aider à transformer le pays en une plaque tournante des investissements mondiaux. La société d’investissement russe Agana a d’ailleurs introduit sur la Bourse de Moscou la semaine dernière le premier fonds de 467 millions de dollars, investis dans des œuvres d’art, Sobranie.Photoeffect.

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