Sberbank est le porte-drapeau des ambitions internationales du Kremlin
Sberbank porte haut l’étendard des nouvelles ambitions russes. La plus importante banque du pays envisagerait de créer, en partenariat avec Credit Suisse, un fonds de capital-investissement d’environ un milliard de dollars, soit 700 millions d’euros, selon son directeur général, German Gref. Les deux banques contribueront chacune à hauteur de 100 millions de dollars au nouveau fonds qui devrait être lancé d’ici la fin de l’année. La stratégie du fonds reposera sur «une diversification maximale» des actifs, selon German Gref.
Si Credit Suisse utilisera son ouverture internationale pour gérer le processus de levée de fonds auprès des investisseurs ainsi que les risques d’investissement, Sberbank, basée à Moscou, devrait s’occuper de la sélection des actifs locaux, sur un marché porteur. Le fonds d’investissement américain Van Eck Global a d’ailleurs lancé un fonds ETF investis dans les «small caps» russes. Le marché des ETF russes a réuni 2,4 milliards de dollars sur les trois premiers mois de l’année, soit 500 millions de plus que sur l’ensemble de l’année 2010, selon des données publiées par BlackRock. Dans le même temps, les ETF investis dans les économies émergentes ont encaissé des retraits de fonds de 9,6 milliards.
La création du fonds commun avec Credit Suisse est «un moyen important d’attirer de nouveaux capitaux en Russie» a précisé German Gref. En contrepartie d’une stratégie influencée par les ambitions du Kremlin, Sberbank cherche à s’émanciper du contrôle étatique, avec la mise sur le marché de 7,6% du capital du groupe qui pourrait rapporter plus de 5 milliards de dollars. Même si German Gref précise que «nous serons très attentifs à ne pas dégrader notre valeur de marché».
Moscou compte en effet attirer entre 60 et 90 milliards de dollars d’investissements étrangers dans les cinq prochaines années, grâce au lancement d’un fonds soutenu par l’Etat. Et le président Dmitri Medvedev de s’entourer de banquiers internationaux tels que le directeur général de Goldman, Lloyd Blankfein, ou le fondateur de Blackstone, Steve Schwarzman pour l’aider à transformer le pays en une plaque tournante des investissements mondiaux. La société d’investissement russe Agana a d’ailleurs introduit sur la Bourse de Moscou la semaine dernière le premier fonds de 467 millions de dollars, investis dans des œuvres d’art, Sobranie.Photoeffect.
Plus d'articles du même thème
-
Schneider Electric indispose les investisseurs en ciblant l’américain PTC
Payée en numéraire, cette acquisition qui dépasse 20 milliards d’euros risque de peser sur la structure de bilan de l’équipementier électrique français. -
Le risque France se propage aux obligations d’entreprises
L’immunité pour le marché du crédit est terminée. Celui-ci s’écarte à son tour, affecté par la volatilité sur les taux. Les émetteurs français sous-performent alors que le spread entre la France et l’Allemagne a atteint un plus haut de près de quinze ans même si les groupes internationaux peuvent jouer les actifs refuges. -
Le gouvernement s’attaque aux avoirs en déshérence
Un prélèvement de 17 % sera appliqué de manière réversible sur les fonds en déshérence récupérés par la Caisse des dépôts et des consignations, qu’ils soient placés en assurance vie ou sur les comptes bancaires.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF engrange 127 milliards d’euros au troisième trimestre 2026
- L'ACPR stoppe Wakam dans sa course en l'obligeant à cesser ses souscriptions
- CNP Assurances fait un nouveau pas en dehors du réseau de La Banque Postale
- Les gestions anticipent une résistance modérée des Bourses
- Le prix du pétrole retombe sous 100 dollars le baril
- L’IA ne sait pas lire correctement les résultats du CAC 40
Contenu de nos partenaires
-
Qui est Jay Clayton, le nouveau « tsar » de l’IA aux Etats-Unis ?
Nommé par Donald Trump pour piloter la Super Intelligence Force, le directeur du renseignement national hérite d'un domaine stratégique sans posséder d'expertise technique -
StratégieViolences, risques de récupération… : comment les syndicats veulent contourner les pièges du mouvement des lycéens
Face à la fronde des lycées, les organisations syndicales tentent d'encadrer la mobilisation prévue mardi à Paris, prudentes face au risque d'être accusée de faire de la récupération -
Têtes brûléesBlocage des lycées : la colère sans mode d'emploi
Après deux semaines de blocus lycéens, organisations lycéennes, étudiantes et syndicales manifestent ce mardi 6 octobre. Une tentative de structurer un mouvement jusqu'ici gazeux, souvent violent, et insaisissable pour le gouvernement