Que se passerait-il en cas de défaut de paiement des Etats-Unis ?
Le 19 janvier 2023, les Etats-Unis ont atteint la limite statutaire de leur dette. En réaction, le Trésor a eu recours à des tours de passe-passe comptables pour s’assurer qu’il pourrait faire face à ses obligations. Ce n’est pas la première fois, loin s’en faut, que le pays se trouve au bord du précipice : le plafond de la dette a été modifié plus de 100 fois depuis la Seconde Guerre mondiale. Mais si, cette fois, l’issue était différente ? Dans ce cas, les paiements de coupons et les remboursements de titres du Trésor s’arrêteraient. Il en résulterait une liquidation des bons du Trésor et une onde de choc qui se propagerait ensuite aux marchés de la dette vulnérables, obligeant les gouvernements à se replier sur eux-mêmes dans le monde entier.
Outre le coût plus élevé du financement, la volatilité des marchés minerait la confiance des consommateurs et des entreprises, ce qui aurait pour effet de réduire les intentions d’investissement et d’inciter les ménages à constituer une épargne de précaution. Aux Etats-Unis, la fermeture du gouvernement affecterait également les dépenses et l’activité fédérales. Les banques centrales seraient incitées à agir : la Fed mettrait fin au resserrement quantitatif et baisserait ses taux, suivie par ses homologues des économies avancées ; les pays émergents seraient, eux, contraints de maintenir les taux directeurs à un niveau élevé pour défendre leurs monnaies et endiguer les sorties de capitaux.
Marchés vigilants
Conséquences : la croissance mondiale serait nettement plus lente, inférieure de 0,7% à nos projections de base pour les années 2023 et 2024 combinées. S’il y a une lueur d’espoir, c’est que l’affaiblissement de la demande devrait faire baisser l’inflation de 0,5% par rapport à notre prévision centrale au cours de la même période.
Même si un défaut de paiement sera probablement évité, les marchés pourraient être agités. En 2011, les investisseurs étaient sur le qui-vive lorsque le Congrès a passé des mois à se battre sur le plafond de la dette, avant de le relever à deux jours de la fin. Peu de temps après, les Etats-Unis se sont vu retirer pour la première fois leur notation AAA. Le moindre goût du risque qui en a résulté a fait se déprécier le dollar, le S&P 500 avait chuté et les spreads de crédit s’étaient élargis.
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