GameStop veut s’offrir eBay pour 56 milliards de dollars
GameStop a proposé dimanche de racheter eBay pour environ 56 milliards de dollars dans le cadre d’une transaction en numéraire et en actions, le directeur général Ryan Cohen se disant prêt à soumettre l’offre directement aux actionnaires si le conseil d’administration d’eBay se montrait peu réceptif.
GameStop - autrefois une modeste capitalisation boursière devenue célèbre lors de la frénésie des «meme-stocks» il y a cinq ans - propose de payer 125 dollars par action selon une parité 50-50 entre liquidités et titres, a précisé Ryan Cohen dans une lettre adressée au conseil d’administration d’eBay. Sur la base de la clôture du titre vendredi, l’offre représente une prime d’environ 20%.
Ebay affiche une capitalisation boursière près de quatre fois supérieure à celle de GameStop, ce qui fait de cette tentative de rachat un projet ambitieux. Les investisseurs semblent d’ailleurs dubitatifs quant à ses chances de succès. Lundi après-midi à Wall Street, l’action eBay grimpait de 5% seulement, à 109 dollars, et celle de GameStop reculait de 4%.
5% du capital
Le distributeur américain de jeux vidéo a déjà constitué une participation de 5% dans eBay via des actions et des produits dérivés, a indiqué le directeur général dans la lettre consultée par Reuters.
Cette offre non sollicitée visant la place de marché en ligne américaine a été rapportée en premier lieu par le Wall Street Journal, citant un entretien avec Ryan Cohen, par ailleurs principal actionnaire de GameStop.
Le dirigeant a déclaré au quotidien que le regroupement d’eBay et de GameStop sous une même bannière créerait d’immenses opportunités pour améliorer les bénéfices et réduire les coûts. «Cela pourrait être un concurrent légitime pour Amazon», a-t-il déclaré au sujet d’eBay lors de cet entretien.
Ryan Cohen a affirmé dans sa lettre que GameStop réduirait de 2 milliards de dollars les coûts annualisés d’eBay dans les 12 mois suivant la clôture, ce qui entraînerait une hausse du bénéfice par action de la société. Les 1.600 points de vente de GameStop aux États-Unis offriraient par ailleurs à eBay un réseau national pour l’authentification, la réception, l’exécution des commandes et le commerce en direct, a-t-il ajouté.
Il a confié au Wall Street Journal qu’il était prêt à engager une bataille actionnariale si le conseil d’administration d’eBay ne se montrait pas favorable à la proposition.
Ebay n’a pas immédiatement répondu aux demandes de commentaires de Reuters concernant l’offre de GameStop.
20 milliards de dollars d’engagements
«Ebay devrait valoir — et vaudra — beaucoup plus d’argent», a déclaré le dirigeant lors de l’interview. «Mon ambition est de transformer eBay en une entité valant des centaines de milliards de dollars.»
Surnommé le «roi des memes» par les traders particuliers pour son rôle dans la frénésie boursière de 2021 et son influence démesurée auprès des investisseurs individuels sur les réseaux sociaux, Ryan Cohen s’est forgé une réputation de parieur audacieux et anticonformiste capable de faire bouger les marchés.
Un accord potentiel entre GameStop et eBay bouleverserait les codes habituels des fusions-acquisitions, car il est rare qu’une entreprise cible une société près de quatre fois plus grande qu’elle. De telles opérations reposent généralement sur un endettement substantiel, des émissions d’actions, ou les deux — en misant sur les bénéfices futurs de l’entité combinée pour justifier le coût.
Ryan Cohen a déclaré avoir déjà obtenu des engagements financiers, notamment une lettre d’engagement pour environ 20 milliards de dollars de dette auprès de TD Securities, une filiale de la Banque TD.
A lire aussi : Le film Dumb Money, l'affaire GameStop à la sauce hollywoodienne
Au 31 janvier, GameStop disposait d’environ 9,4 milliards de dollars de trésorerie et de placements liquides, a précisé le directeur général dans sa lettre, ajoutant que la composante en numéraire de la transaction serait financée par ces fonds ainsi que par des financements externes en fonds propres et en dette.
Il pourrait également solliciter le soutien d’investisseurs externes, notamment des fonds souverains du Moyen-Orient pour l’opération, selon le rapport du WSJ.
Ryan Cohen a indiqué qu'à l’issue de la transaction, il occuperait le poste de directeur général de la nouvelle entité.
(Avec Reuters)
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