Pétrole: l’Opep+ avalise une prolongation de ses coupes de production
Les pays exportateurs de pétrole ont convenu samedi d’une prolongation de la baisse historique de leur production.
Publié le
Capucine Cousin
L'Opep+ avait avancé sa réunion, qui s’est tenue samedi 6 juin.
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Réunis en visioconférence samedi, les pays membres de l’Opep+, qui rassemble l’Organisation des pays producteurs (Opep) et d’autres gros producteurs de pétrole tels que la Russie, se sont entendus pour prolonger d’un mois, jusqu'à la fin juillet, leur accord portant sur une forte réduction de production de l’or noir. «Tous les pays participants ont accepté la possibilité de prolonger d’un mois supplémentaire la première phase des ajustements de la production de mai et juin», a indiqué l’organisation dans un communiqué.
L’accord trouvé samedi stipule que les pays n’ayant pas respecté leurs engagements en mai et en juin, dont l’Irak et le Nigeria souvent pointés du doigt, devront non seulement s’y conformer mais limiter d’autant leurs productions entre juillet et septembre. Dans l’ensemble, l’accord de l’Opep+ a été respecté à hauteur de 89% en mai, manquant de 1,1 million de barils l’objectif fixé en avril, selon la société spécialisée dans les données sur les matières premières Kpler, citée par le Wall Street Journal.
Cette nouvelle étape pourrait apaiser un marché tendu, depuis début mars, où, face à la pandémie, l’alliance OPEP + avait explosé, la Russie refusant de s’imposer de nouveaux quotas de production pour enrayer la baisse des cours. Ce qui avait amené les deux ex-alliés, Moscou et Riyad, à se lancer dans une rapide guerre des prix.
L’alliance de 23 pays avait décidé en avril de baisser la production de 9,7 millions de barils par jour. Cet accord, conclu après une chute dévastatrice du prix du baril et de la demande mondiale de pétrole due à la pandémie, prévoyait que ces réductions de production pourraient commencer à être assouplies fin juin.
Un accord qui sera bien accueilli par les acteurs d’un marché perturbé pendant la période de crise sanitaire. Déjà vendredi, à la seule annonce par l’Opep de sa décision d’avancer à samedi - au lieu de cette semaine - les discussions avec ses partenaires informels de l’Opep+, les cours du pétrole avaient poursuivi leur hausse du mois de mai. Les contrats d’Août 2020 sur le Brent ont progressé de 4,95% vendredi soir, à 41,97 dollars/baril, repassant au-dessus de 40 dollars/baril pour la première fois depuis le 6 mars. Le Brent a doublé depuis le 21 avril et augmenté de 16% la semaine dernière. Les contrats de Juillet 2020 sur le brut WTI ont aussi augmenté de 4,12% à 38,95 dollars/baril.
Depuis le 1er mai, les prix sont tirés par les réductions de production record, de 9,7 millions de barils/jour (mbj) décidées le 12 avril et pour deux mois par l’Opep et ses partenaires.
Portés par l’espoir d’un accord entre les Etats-Unis et l’Iran et le regain d’euphorie sur l’IA, les marchés actions sont au plus haut, tandis que la réduction des craintes de stagflation a soutenu les marchés de taux. Le pétrole a chuté de près de 20%.
Le PDG du pétrolier, Patrick Pouyanné, s’attend à ce que le prix du baril demeure durablement élevé en raison de cette crise qui devrait en outre inciter les Etats à renforcer leurs capacités en matière d'énergies renouvelables. Un domaine où le groupe français est également actif, contrairement à la plupart de ses pairs.
Le cours du Brent poursuit son repli vendredi et pourrait terminer la semaine sur une baisse supérieure à 10% alors que la perspective d’une amélioration de la situation au Moyen-Orient prend de l’épaisseur.
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