Nyse Euronext et Deutsche Börse entrent dans leur dernière ligne droite
La saga de la fusion Nyse Euronext / Deutsche Börse ne va pas tarder à entrer dans une phase plus politique. La Commission a jusqu’au 23 janvier pour se prononcer. Sachant que le commissaire à la Concurrence préfère en général soumettre les cas très politiques, comme celui-là, une ou deux semaines à l’avance au collège des commissaires européens, la décision pourrait être connue dès mi-janvier. Le projet de décision sera probablement préparé avant la trêve des confiseurs. Commencera alors une phase de discussions plus politiques au niveau des cabinets des commissaires. A moins que les intéressés, faute de solution satisfaisante sur les «remèdes», ne décident de jeter l’éponge.
En attendant, les parties entendront ce mardi l’équipe de l’autorité européenne de la concurrence qui traite leur cas au niveau plus technique. Au menu, le retour du marché sur les «remèdes» proposés mi-novembre. Les deux Bourses se sont engagées à vendre les activités touchant aux options sur actions (sauf pour les marchés domestiques français et néerlandais) là où elles étaient en concurrence directe. Pour répondre à la principale objection de Bruxelles qui s’inquiète d’un quasi-monopole sur les swaps de taux, elles veulent ouvrir leur chambre de compensation à tout nouveau produit dérivé sur taux via un système d’«accès des tiers indépendants». Il est cependant probable que le retour des autres acteurs de marché sur ces propositions ne soit pas positif.
«A eux deux ils sont très gros, trop gros», indiquait une source bancaire hier en marge d’une audition parlementaire sur la directive marchés d’instruments financiers. Et s’ajouter: «L’expérience montre que Deutsche Börse n’a pas été très ouvert. Ils disent qu’ils vont accepter, au niveau de la compensation, des ‘trades’ qui viennent d’ailleurs mais il y a le risque que ces transactions-là soient moins bien traitées».
Si elle le juge nécessaire, la Commission peut demander aux parties de remettre sur la table d’autres propositions. Mais à ce stade de la procédure, il n’est plus question de tester le marché. Aussi ces nouveaux remèdes doivent-ils être radicaux. On voit mal ce qui, à part la vente pure et simple du Liffe, pourrait répondre à cette définition. Or la cession de la bourse de dérivés de Nyse Euronext à Londres est un casus belli. «Faire cela, c’est tuer le business model du nouveau groupe», explique une source proche.
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