« Notre profession ne peut se passer des capitaux de l’assurance-vie »
L’Agefi : L’Afic (Association française des investisseurs en capital) tient aujourd’hui sa journée annuelle dédiée au capital-développement. Comment se porte cette activité ?
Hervé Schricke : La crise financière a souligné le rôle actif des professionnels du capital-développement pour l’accompagnement dans la durée des petites et moyennes entreprises (PME) françaises et de leurs dirigeants. Métier historique du capital-investissement, le capital-développement a démontré sa résilience en maintenant ces deux dernières années des niveaux d’investissement tout à fait remarquables. Il renoue sur le premier semestre 2010 avec une croissance à deux chiffres des investissements (+16% à 817 millions d’euros). La tendance semble aujourd’hui indiquer que l’activité du second semestre restera solide. L’activité d’investissement en fonds propres repart à la hausse, ce qui est une bonne nouvelle pour les entrepreneurs.
Quel est le profil des sociétés dans lesquelles les fonds de capital-développement investissent ?
Plus de 85% des investissements réalisés par les fonds de capital-développement (sur le premier semestre 2010, ndlr) ont servi à financer des PME, ce qui répond à un vrai enjeu de notre société. Les derniers chiffres tirés d’une étude réalisée avec Grant Thornton (lire l’Agefi Quotidien du 14 octobre 2010) rappellent cependant que la sortie de crise est difficile: si le capital-transmission redémarre lentement, le capital-risque nous inquiète bien davantage.
La manifestation s’articule autour du thème: « Nouveaux enjeux, nouvelles pratiques ». Pouvez-vous développer cet axe central ?
Il existe en France une réelle problématique de financement des PME, sujet sur lequel le capital-développement jouera un rôle croissant. Alors qu’à horizon 2018, Bâle 3 va rendre l’octroi de crédit aux PME plus difficile pour les banques, notre profession doit prendre le relais. Nous n’avons pas le droit de rater ce rendez-vous, qui se révèlera positif pour notre métier.
Comment allez-vous procéder ?
L’un de nos grands chantiers est de mieux faire comprendre aux entreprises l’apport de valeur ajoutée du capital-développement, en termes non seulement financiers mais surtout d’accompagnement. Ce point sera l’une des thématiques d’un Livre blanc, qui sera adressé à nos membres ainsi qu’aux pouvoirs publics et que nous comptons publier avant notre assemblée générale en juin prochain.
Quelles seront les autres thématiques de ce Livre blanc ?
L’ISR (investissement socialement responsable) sera l’un des sujets. Sur les principes ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance), nous instaurons déjà les principes de gouvernance dans les entreprises dans lesquelles nous investissons et allons développer les critères sociaux et environnementaux. Dans le cadre du Livre blanc, l’Afic va également se pencher sur la question : «d’où viendront les capitaux dans le futur ?»
Pouvez-vous nous parler de ce dernier thème ?
Notre profession ne peut par exemple pas se passer des capitaux de l’assurance-vie. Alors que les assureurs sont actuellement très préoccupés par l’application de Solvabilité 2, nous échangeons avec eux et mettons l’accent sur le fait que le capital-développement représente un bon placement financier, bien compris de leurs souscripteurs car contribuant à la croissance et à l’emploi.
Outre l’assurance-vie, quelles sont les autres sources de capitaux sur lesquelles vous comptez ?
Nous nous intéressons à l’épargne retraite, qui représente une vraie source de capital long. Il apparaît donc logique que les capitaux mobilisés dans le cadre de Perco (plan d’épargne retraite collecte) ou d’autres plans de retraite soient investis via le capital-investissement dans des sociétés afin de soutenir la croissance et la création d’emplois sur le long terme, tout en obtenant parallèlement des rendements attractifs. Un groupe de travail sera mis en place au plus tard d’ici novembre afin de nous permettre d’émettre rapidement des propositions concrètes.
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