Natixis juge limité le risque lié à l’affaire Cape en Italie
Mieux vaut savoir choisir ses associés. Natixis en fait l’amère expérience en Italie, après la mise sous tutelle de la société de capital investissement Cape Natixis, dont le groupe détient 49% aux côtés de Cimino & Associati Private Equity, une société créée par Simone Cimino. La Banque d’Italie a dissous le 4 avril les organes de direction de la structure après avoir constaté de «graves irrégularités» dans sa gestion, selon un communiqué publié mercredi. Le superviseur, qui ne fait pas d’autres commentaires, a nommé deux commissaires ainsi qu’un conseil de surveillance de trois personnes.
L’affaire remonte à fin 2010. Une inspection de la Banque d’Italie met alors au jour un cas litigieux concernant Simone Cimino, le président de Cape Natixis, connu des médias pour ses efforts en faveur du développement industriel de la Sicile, sa région d’origine. L’audit de la tutelle n’a été communiqué à aucune des parties. Mais il apparaît que le président a signé un acte sans en référer à son conseil d’administration comme il l’aurait dû. Natixis, qui compte deux représentants sur cinq au conseil, n’a donc rien vu. Les commissaires aux comptes de la société non plus.
La filiale de BPCE a alors «proposé et imposé une évolution de la gouvernance de manière à ce que cela ne se reproduise plus», indiquait hier un porte-parole. Début 2011, Simone Cimino est privé de son pouvoir d’engager seul la signature de la société. Mais il reste en poste, sa révocation ne pouvant être prononcée que par une assemblée générale de Cape Natixis, dont il est l’actionnaire majoritaire. Un problème que la Banque d’Italie vient de régler. Dans le même temps, les représentants de Natixis Private Equity en Italie diligentent leurs propres enquêtes internes, qui font émerger de nouvelles infractions à la gouvernance.
Conseillée par Allen & Overy, la filiale de BPCE doit encore faire la lumière sur les conséquences de l’affaire. Mais les actes pris par Simone Cimino ne concernent pas des décisions d’investissement. Ce qui rend Natixis optimiste sur l’absence d’impacts financiers. Aucune procédure judiciaire n’est pour l’heure engagée. D’après son site internet, Cape Natixis a levé plusieurs fonds pour un montant de 325 millions d’euros. La banque française en est le principal sponsor, pour une part minoritaire qu’elle se refuse à dévoiler. La norme sur le marché est en général de 15% à 25% d’un fonds.
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