Mediobanca réduit la marge de manœuvre de ses actionnaires français
Une banque plus indépendante et plus jeune, davantage en ligne avec les standards des grandes banques d’affaires internationales. Tel est le nouveau profil de Mediobanca après la révision de ses statuts adoptée lors du conseil d’administration de vendredi dernier. Révision qui sera soumise au vote de l’assemblée en octobre. Parmi les changements les plus importants, celui de la composition de son comité des nominations, un comité décisif en raison des participations stratégiques dont la banque milanaise dispose dans les plus grands groupes italiens, comme Generali, RCS ou Pirelli.
Ce comité est composé actuellement de six membres: le président (Renato Pagliaro), l’administrateur délégué (Alberto Nagel), le directeur général (Francesco Saverio Vinci) et trois représentants des trois groupes d’actionnaires de la banque ‑celui des banquiers, celui des industriels et celui des étrangers. Désormais, il sera réduit à cinq membres: les trois dirigeants ainsi que deux administrateurs indépendants. Exit donc le président d’UniCredit, Dieter Rampl, celui de Pirelli, Marco Tronchetti Provera, et Vincent Bolloré.
Avec cette modification, la nouvelle gouvernance de Mediobanca trace une nette séparation entre gestion et propriété et limite le pouvoir d’influence de ses actionnaires dans le choix de fauteuils stratégiques au sein du capitalisme transalpin. Par ailleurs, elle envisage d’abolir la clause qui permettait à Vincent Bolloré de faire entrer les actionnaires de son choix au sein du groupe des actionnaires étrangers (qui contrôle 11% des parts de Mediobanca) sans accord préalable des autres membres du pacte d’actionnaires. Ce privilège, accordé au Breton lors de son entrée dans Mediobanca en 2001, risquait de revenir à l’ordre du jour en vue de la sortie de Banco Santander (1,84%). Néanmoins, selon le texte adopté vendredi, Groupama, qui détient 4,9% des parts, dont 3,1% comptant au sein du pacte d’actionnaires, pourrait y intégrer ses 1,8% détenus en dehors du pacte à l’occasion de la sortie des Espagnols.
Autre révolution, Mediobanca est la première banque italienne à introduire dans ses statuts une limite d’âge pour ses dirigeants et pour ses administrateurs. Ce seuil est fixé à 65 ans pour le DG et l’administrateur délégué, à 70 ans pour le président et à 75 ans pour les autres membres du conseil. Seul administrateur à dépasser la limite, l’octogénaire Antoine Bernheim.
Plus d'articles du même thème
-
« Wall Street s’inquiète peut-être, mais Main Street va bien »
Florian Ielpo, responsable de la recherche macroéconomique chez Lombard Odier IM. -
«Notre vision plus constructive reflète une amélioration de l’éventail des opportunités»
Felix Freund, responsable du crédit des marchés développés chez Aberdeen Investments. -
PARTENARIATDette AT1 : trop d’acheteurs pour trop peu de papier ?
Entre offre et demande : décryptage des ressorts techniques d’un marché difficile à ignorer.
ETF à la Une
Defiance lance le premier ETF Ucits dédié aux «Sept Magnifiques»
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- La Société Générale supprime des postes dans sa banque de détail et ses services titres
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Pour les banques françaises, la défaite de Donald Trump éclipse une décision de Fitch
Contenu de nos partenaires
-
Applaudimètre« Même si vous ne m’aimez pas » : au Bourget, la démonstration de force de Jean-Luc Mélenchon
Devant plus de 20 000 personnes selon les organisateurs, le candidat insoumis a présenté samedi la version actualisée de son programme L'Avenir en commun. Pour espérer battre Marine Le Pen, il compte sur des « causes communes » plutôt que sur des concessions. -
Sécurité européenne : les dirigeants européens rejettent le projet d’accord de Trump avec Moscou
Donald Trump promet la conclusion d’un vaste accord avec la Russie qui pourrait concerner « toute l’Europe ». À quelques jours de la reprise des pourparlers sur l’Ukraine à Abou Dhabi, les Européens préviennent que la sécurité du continent ne se négociera pas sans eux -
Introduction en Bourse d’Anthropic : le krach des valeurs de l’IA fait fondre la valorisation espérée
Après la chute historique du Nasdaq jeudi, les investisseurs intéressés par l’introduction en Bourse du créateur de Claude n’évoquent plus qu’une valorisation comprise entre 1 100 et 1 300 milliards de dollars, très loin des 2 000 milliards encore envisagés début octobre