L’optimisme règne chez les chefs d’entreprise français
Près de de 85% d’entre eux s’attendent à des résultats en hausse en 2022, montre une étude de JPMorgan sur les entreprises françaises de taille moyenne.
Publié le
Franck Joselin
L’optimisme des chefs d’entreprise se traduit par la concrétisation de projets pour les ETI.
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Le Covid n’aura pas eu raison de l’optimisme des chefs d’entreprise français. C’est en substance ce qu’il ressort d’une étude inaugurale annuelle menée par JPMorgan auprès de 250 cadres supérieurs d’entreprises françaises de taille moyenne et intitulée Business Leaders Outlook (BLO Survey).
Cette étude, qui doit paraître aujourd’hui et dont les résultats sont dévoilés en exclusivité dans L’Agefi, révèle qu’ils sont 60% à être confiants dans l’économie mondiale pour l’année 2022. Ce chiffre grimpe en flèche lorsqu’il s’agit de leur propre secteur ou leur entreprise. Ils sont 80% à être optimistes pour leur industrie et 84% à considérer que leur entreprise devrait prospérer dans les 12 mois qui viennent. Ainsi, plus de 80% des entrepreneurs constatent que leurs bénéfices sont revenus à des niveaux au moins aussi élevés qu’avant la crise sanitaire et plus de 70% s’attendent à ce qu’ils augmentent encore cette année. Cette étude met donc en avant la solidité et la résilience de ces structures.
Cette reprise se constate dans la plupart des secteurs, même ceux qui ont été particulièrement touchés par la pandémie. «Nous accompagnons, par exemple, un groupe familial dans l’aéronautique qui, comme toutes les entreprises du secteur, a eu deux années très difficiles, constate Olivier Simon, responsable corporate client banking pour JPMorgan France et membre du comité de direction. Or celui-ci vient d’annoncer une acquisition aux Etats-Unis pour développer son activité. Cela illustre le retour des projets de croissance internationaux et marque la fin de la période de pandémie pour certains acteurs durement touchés.»
L’optimisme affiché se traduit donc par de réelles concrétisations de projets pour les entreprises de taille moyenne. «Nous avons accompagné de nombreuses sociétés de taille intermédiaire sur les marchés de la dette, pour conduire des opérations de croissance externe ou de croissance organique», confirme le banquier. Même si le marché obligataire devient plus difficile aujourd’hui, et malgré la volatilité observée, «il y a toujours une demande très forte de la part des investisseurs pour les projets de qualité», déclare-t-il.
Frein à l’embauche
Malgré cela, les sociétés de taille moyenne sont encore confrontées à de nombreux défis. L’un d’entre eux, toujours selon l’étude de JPMorgan, tient aux difficultés des structures à recruter. Plus du tiers des entreprises considèrent la pénurie de main d’œuvre comme étant un frein possible à leur développement.
Elles sont aussi conscientes de la montée en puissance de la technologie. Elles font de plus en plus appel à des outils numériques et la tendance devrait continuer. «L’intérêt pour le numérique touche les entreprises de tous les secteurs, en lien, ou non avec la technologie», précise Olivier Simon. Ainsi, 67% des entreprises indiquent utiliser des fintechs au quotidien. Beaucoup estiment que leur croissance l’année prochaine se fera grâce aux nouvelles technologies non seulement pour les aider à automatiser les processus manuels (55 %) mais aussi pour développer les canaux de distribution numériques et les solutions de paiement sans contact (46 %).
Ces ambitions futures ne devraient pas être freinées par la période électorale qui s’ouvre en France. «Historiquement, les élections étaient un frein au développement des entreprises de taille moyenne. Ce n’est pas le cas cette année. Les dirigeants considèrent qu’il y a toujours une dynamique favorable aux entreprises en France et ils n’estiment pas que les élections vont avoir une influence sur leurs projets de croissance et l’attractivité du pays», souligne Olivier Simon.
Enfin, comme pour les groupes de très grande taille, les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance, constituent un point d’attention. «Les entreprises de taille moyenne sont très conscientes des enjeux, mais elles ne sont peut-être pas toutes préparées à la déferlante ESG», constate Olivier Simon. Elles sont ainsi environ un tiers à ne pas savoir comment répondre à ces exigences de la société civile ou de leurs partenaires.
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