Londres autorise sous condition les échanges d’actifs entre banques et assureurs

La FSA vient d’adopter une attitude plus conciliante vis-à-vis des swaps de liquidité et autres repos de longue durée, à la satisfaction du secteur
Alexandre Garabedian

Les banques britanniques se frottent les mains. Après des mois de consultation qui ont eu pour effet de geler toute transaction d’envergure, le régulateur britannique a donné le 29 février son feu vert aux swaps de liquidité et autres opérations de rehaussement du collatéral. Une technique qui permet à une banque d’échanger une partie de son bilan avec une contrepartie contre des actifs plus liquides qu’elle pourra par exemple refinancer auprès d’une banque centrale. «Nous voyons un rôle pour ces transactions à une échelle sensible, pourvu que les risques soient clairement identifiés et gérés par les deux parties», indique la Financial Services Authority (FSA).

Dans sa consultation initiale publiée en juillet, la FSA se montrait beaucoup plus circonspecte. Les swaps de liquidité impliquent souvent une banque et un assureur: le second transfère à la première des placements très liquides, souvent des obligations d’Etat, contre un bassin plus large d’actifs constitués par exemple de prêts immobiliers ou d’infrastructure. Pour l’assureur, c’est la promesse de rendements plus élevés. Pour la banque, celle d’une amélioration de ses ratios de liquidité.

La FSA s’inquiétait des multiples risques que ces transactions posent. Les actifs gagés par la banque diminuent la protection des créanciers seniors non sécurisés; la liquidité fournie pourrait disparaître en période de stress; le prêteur doit être en mesure d’apprécier les risques de portefeuilles très peu liquides. Sur tous ces sujets, le régulateur a établi un cadre clair, applicable dès le 31 mars, en exigeant d’être informé avant toute «transaction significative».

Les règles ne concernent que les repos et prêt/emprunt de titres de plus d’un an et autres formes d’emprunt «collatéralisé». Elles excluent les covered bonds, la titrisation, le financement immobilier, le crédit-bail ou encore le refinancement au guichet de la banque centrale.

La FSA avait bloqué plusieurs transactions depuis juillet, dont l’une entre Lloyds Banking Group et sa filiale d’assurance vie Scottish Widows. Devant le redémarrage annoncé, la City s’est réjouie. «Nous espérons que les dirigeants et les régulateurs européens adopteront la même approche vis-à-vis de ces transactions», a réagi l’Association européenne des marchés financiers (AFME).

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